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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 15:27

Paul à Rome

Actes 28, 16-20, 23b-24, 28-31 ; Jean 21, 20-25

La liturgie nous propose aujourd’hui de terminer simultanément la lecture des Actes des apôtres et de l’évangile de Jean.  Dans les Actes, nous retrouvons Paul à Rome, et Luc nous raconte sa rencontre avec la communauté juive de Rome. Une nouvelle fois en effet, « l’apôtre des païens » s’adresse à ses frères juifs. Paul sait pourtant que s’il a risqué la mort à Jérusalem et connu la prison, s’il est à Rome en liberté surveillée, c’est parce qu’une partie des Juifs, aussi bien de Jérusalem que de la diaspora, ont voulu se débarrasser de lui. Mais cela ne le conduit pas à renier ses origines : « J’ai été obligé, dit-il, de faire appel à l’empereur, sans vouloir pour autant accuser ma nation ! » Plus encore, cela ne le conduit pas à mettre en doute la conscience que sa foi est liée à la vocation d’Israël, à son élection : « c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte ces chaînes », assure-t-il.  Autrement dit, c’est en raison de sa fidélité à cette espérance qu’il rencontre l’adversité.

Il est écouté sans hostilité pas les notables juifs de Rome et invité à s’exprimer devant un plus grand nombre de personnes qui viennent chez lui l’entendre. Pour « rendre témoignage » du Royaume de Dieu, il s’appuie sur Moïse et les prophètes. C’est à partir de la Parole de Dieu, des sources juives, qu’il parle de Jésus. Et une nouvelle fois, la communauté se divise. Mais Jésus lui-même n’avait-il pas annoncé qu’il serait cause de division ? Paul s’appuyant sur le prophète Isaïe – restant donc dans la tradition prophétique juive – commente le refus de croire d’une partie de son auditoire et annonce que le salut de Dieu est « envoyé aux païens ». Autrement dit, c’est toujours l’espérance d’Israël que Paul entend faire connaître, quel que soit son auditoire. Sur le fond, rien n’a changé… C’est ce qu’il nous faut entendre, si nous ne voulons pas nous aussi être sourds et aveugles.

« Toi, suis-moi ! »

Quid des Juifs qui ne veulent pas entendre ? Luc n’en dit rien à la fin des Actes. Paul, écrira dans l’épître aux Romains que les dons de Dieu sont irrévocables, et que l’endurcissement d’Israël est un mystère qui appartient à Dieu. Il n’est pas possible ici d’en dire davantage. Cependant la finale de l’évangile de Jean peut nous éclairer sur l’attitude à tenir. Alors que Jésus vient de confier à Pierre de « paître son troupeau », survient « le disciple que Jésus aimait ». Pierre s’inquiète de son devenir : « Et lui Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »  La réponse de Jésus est d’une ironie cinglante : « Si je veux qu’il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Mais toi, suis-moi. » Qui est donc celui que Jésus aimait ? N’est-ce pas aussi, au-delà de la figure du disciple, ce peuple au sein duquel il a pris chair ? Rappelons-nous que Luc rapporte dans son évangile que Jésus pleure sur Jérusalem…

Si nous entendons bien cette parole de Jésus à Pierre, elle signifie qu’il importe davantage de répondre personnellement à l’appel qui nous est adressé, que de savoir ce qu’il en sera des autres… Il ne s’agit pas de faire comme s’ils n’existaient pas, mais de considérer qu’il y a là un mystère qui n’appartient qu’à Dieu. Une vérité trop souvent oubliée, qui peut masquer un autre oubli : celui de répondre personnellement à l’invitation de Jésus : « Suis-moi »… Ce qui nous revient, c’est d’ouvrir nos propres yeux et nos propres oreilles pour accueillir la parole de Dieu et son œuvre – l’espérance d’Israël –, et la mettre en pratique.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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