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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 08:40

 

La présence de Dieu dans la catastrophe

Ézéchiel  9, 1-7 ; 10, 18-22 ; Matthieu 18, 15-20

C’est peu dire que la lecture du prophète Ézéchiel nous déconcerte. Son livre déploie des images apocalyptiques que nous avons peine à décrypter. En quoi cela nous concerne-t-il ? Sans doute faut-il se rappeler ou apprendre qu’Ézéchiel était un prêtre contemporain de la chute de Jérusalem, qui a vécu avec les déportés de Babylonie. C’est donc dans un contexte de catastrophe politique et spirituelle qu’il écrit, en ayant été lui-même saisi par les événements au point de faire une expérience paradoxale de la présence de Dieu. Au cœur de l’effondrement, de la déréliction, c’est la conscience de la gloire de Dieu qui s’impose à lui. Avec un génie littéraire formidable, Ézéchiel tente de transmettre à son lecteur, à son auditeur, cette conscience d’une puissance qui non seulement dépasse les événements, mais les conduits, là où le regard de l’homme ne voit, comme Macbeth, que « du bruit et de la fureur », une « histoire racontée par un idiot ».

Nous sommes choqués par l’image des anges exterminateurs, par lesquels Dieu détruit massivement les « coupables ». Mais ce massacre peut-être lu comme l’aboutissement logique, comme la conséquence des « abominations » commises. Il est en réalité le fruit de l’injustice et de la perversion. Or, au milieu de cette catastrophe, un homme est appelé pour « marquer d’une croix au front ceux qui gémissent et pleurent » sur ces situations dramatiques, ceux qui ne s’y résolvent pas. Ceux-là seront sauvés, et vivront. Ainsi Ézéchiel proclame-t-il tout autant, sinon plus, le salut que le châtiment.

Il n’est pas dit que ceux qui sont marqués de la croix sont récompensés par ce qu’ils ont réussi à vaincre par eux-mêmes le mal. Il n’y a pas d’obligation de résultat. Simplement, ils ne l’ont pas accepté, ils n’ont pas considéré qu’il allait de soi… Ils ont souhaité autre chose pour les hommes, leurs frères… Dieu répondra à leur attente.

L’autre partie du texte d’Ézéchiel rapporte que la gloire de Dieu quitte le Temple. Ce n’est pas rien pour un prêtre que de l’écrire. Mais c’est le signe que Dieu n’est ni enfermé ni vaincu, dans cette situation effroyable. Il va falloir le chercher ailleurs, autrement. La suite du texte nous apprendra que c’est aux exilés qu’il va se manifester, se faire connaître.

Deux ou trois…

En définitive, la parole portée par Ézéchiel invite à l’espérance. Dans une époque aussi bouleversée et troublée que la nôtre, elle a du sens et peut nous aider à ne pas fléchir, à demeurer fidèle à ce que nous avons reçu.

Nous pouvons alors nous appuyer sur cette parole de Jésus : « Si deux d’entre vous se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand  deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Deux ou trois, et non plus dix pour constituer, selon la loi, une assemblée de prière. La rencontre de l’autre dans la foi suffit pour faire l’expérience de la présence de Dieu en son fils…

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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