Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 06:44

 

 

  

A chacun ses responsabilités

 

 

Ézéchiel 18, 1-10. 13b. 30-32 ;  Matthieu 19, 13-15

On connait le proverbe que cite le prophète : « Ce sont les pères qui ont mangé du raisin vert, ce sont les fils qui ont les dents agacées. » L’idée qui en ressort, c’est que les fils paient pour les fautes de leurs pères. On en retrouve trace, dans l’évangile dans le récit de l’aveugle né, lorsqu’on demande à son sujet qui à péché, lui ou ses parents.

Ézéchiel déjà conteste cette interprétation de la réalité, qui peut être une manière, pour une génération, de se décharger de ses propres responsabilités, en imputant à la précédente ses malheurs. C’est une pratique assez courante.

Certes, nous pouvons reconnaître que notre personnalité a été forgée par les circonstances de notre enfance, voire par des événements familiaux dont nous n’avons pas toujours eu consciemment connaissance, par la personnalité de nos parents. Mais cela annule-t-il pour autant notre responsabilité ? Cela fait-il disparaître notre capacité de choisir ce que nous voulons, de décider de nos actes. Cela nous interdit-il de mener une vie droite et juste, telle que la décrit Ézéchiel ?

A chacun ses responsabilités, dit Dieu. Et chacun sera « jugé » selon ses actes, selon sa conduite. Chacun se trouve devant le choix qui fut énoncé par Moïse au chapitre 30 du livre du Deutéronome : « Je mets devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, tu choisiras la vie, pour toi et tes enfants… »

C’est le sens de la finale d’Ézéchiel : « Pourquoi vouloir mourir, maison d’Israël ? Je ne prends plaisir à la mort de personne, déclare le Seigneur » Nous voilà inviter à un discernement : qu’est-ce qui conduit à la vie ? Qu’est-ce qui est habité par la pulsion de mort ? Ne sommes nous pas conduits, souvent, secrètement par un désir d’échapper à une vie que nous trouvons trop dure, trop lourde ?

Appel à la confiance

C’est alors que nous pouvons méditer sur la parole de Jésus à propos des enfants : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent… » Ce n’est pas temps un appel à l’humilité que lance Jésus, en disant, soyez petits comme des enfants, mais plutôt une invitation à la confiance. L’enfant, s’il n’a pas été traumatisé dès sa naissance, a fondamentalement envie de vivre et confiance dans la vie. Et cette confiance, cette foi est fondamentale, et fondatrice.

Sortons d’une attitude qui nous incline à penser que le monde que nous habitons est « pourri », qu’il a été définitivement « gâté » par nos prédécesseurs, et que nous ne pouvons rien en tirer, sinon quelques satisfactions fugaces. Nous sommes responsables de la manière dont nous le considérons, dont nous l’habitons, dont nous le transformons. Ayons confiance dans la puissance de la vie, dans l’amour du Père, pour y prendre notre part, même si elle est difficile. Croyons en la vie et recherchons là,  dans l’amour et la justice.

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens