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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 11:37

Variation Goldberg n°5, par Glen Gould

Sur la nature du témoignage

Éphésiens 4, 1-6 ; Luc 12, 54-59

L’encouragement que Paul adresse aux Éphésiens, afin qu’ils suivent fidèlement l’appel reçu de Dieu est d’autant plus significatif qu’il écrit depuis la prison où il est retenu. On peut imaginer que ce conseil, Paul se l’adresse tout autant à lui-même, privé de liberté. Même dans ces conditions, la fidélité est la ligne de conduite à suivre. Cet appel, Paul le caractérise par quelques mots qui devraient définir les relations à l’intérieur de la communauté chrétienne : humilité, douceur, patience, amour, unité, paix… Voilà bien ce que les chrétiens doivent manifester entre eux. On retrouve ici la parole de Jésus lors de son dernier entretien avec les apôtres, rapportée dans l’évangile de Jean : « Tous vous reconnaîtront pour mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Il ne s’agit donc pas simplement d’un conseil destiné à favoriser un bon climat dans la communauté, mais d’un témoignage à rendre face au monde.

Dans ce domaine, me semble-t-il, les chrétiens ont encore du pain sur la planche. Et cela ne concerne pas seulement les divisions entres les Églises, mais celles qui existent dans les communautés elles-mêmes, la propension à se dénoncer, à s’exclure mutuellement…

Cette question du témoignage est centrale.  Dans la dernière phrase de Paul, dans le petit passage que nous lisons, un mot devrait retenir tout particulièrement notre attention.  « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au dessus de tous, par tous et en tous. » Ce par indique que tous sont les instruments et l’expression de son règne. Tous, chacun d’entre nous, vous, moi, et encore tel et tel autre… Dieu règne par nous. C’est assez surprenant quand on y pense sérieusement. Le témoignage chrétien, ce n’est donc pas seulement une manière de rapporter ce que l’on a vu, lu, entendu, ce n’est pas un discours sur Dieu ou les hommes, c’est bien plus. C’est la manifestation du règne de Dieu.

Le temps où nous sommes

Voilà ce qui nous revient, ce qui nous est confié. C’est très impressionnant. Et ça l’est d’autant plus que Dieu nous échappe, nous dépasse.

Comme l’écrit Jean : « Personne n’a jamais vu Dieu, mais le Fils unique qui est dans le sein du Père, l’a présenté. » Comme le Fils a rendu présent le Père, ceux qui sont devenus enfants de Dieu en croyant au nom de Jésus, ont pour tâche à leur tour de rendre présent Dieu pour les autres.

Tel est « le temps où nous sommes », dont parle Jésus dans Luc. Ce temps qui exige que nous soyons lucides sur « ce qui est juste ». Jésus nous y invite fermement, en nous faisant comprendre que si nous ne faisons pas œuvre de justice, si nous ne sommes pas les artisans de la justice, celle-ci s’accomplira finalement, malgré nous et peut-être contre nous. C’est que l’œuvre de Dieu s’accomplit. Voulons-nous être ceux qui la servent, ceux par qui Dieu règne ?

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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