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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 09:59

Francis Poulenc. Figure humaine : Liberté

Galates 4, 22-24. 26-27. 31-5,1 ;  Luc 11, 29-32

Le passage de la lettre aux Galates que la liturgie nous propose de méditer ce matin demande d’être lue avec précaution. Paul, mis en cause par des adversaires qui prétendent s’appuyer sur l’Écriture, veut montrer qu’il ne craint personne dans ce domaine. Il se livre donc à un exercice de virtuosité et il innove. L’allégorie des deux alliances qu’il propose n’a semble-t-il aucun précédent, et les auteurs du livre de la Genèse qu’il invoquent n’avaient certainement pas l’intention de dévaloriser l’Alliance conclue au Sinaï en racontant les circonstances de la conception et de la naissance d’Israël. Gardons-nous donc de tirer d’un argument polémique des conclusions fondamentales quant à Israël. Il y a dans les épitres de Paul bien d’autres choses à ce sujet. D’autant que l’Alliance conclue au Sinaï est bien un pacte scellé avec et par Dieu qui arrache son peuple à la servitude de l’Égypte.

Le sens du propos de Paul, c’est de s’opposer à un retour en arrière. « Ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage » écrit-il. Le danger, c’est de ne plus croire en la liberté donnée par le Christ. C’est un danger qui nous menace constamment, car cette liberté est parfois vertigineuse et il peut sembler plus rassurant de se « border », d’inscrire notre vie dans des rails, dans des conduites prétendument obligées, dans une tradition considérée avec la plus grande étroitesse de vue...

C’est ici que l’image de Sarah, la femme libre, est parlante. Cette liberté semblait obérée par la stérilité. Sarah illustre toutes ces situations où nous avons le sentiment que nos efforts, notre fidélité, notre engagement sont stériles, parce que le fruit de nos efforts tarde à venir. Nous sommes alors aux prises avec le doute, avec la tentation de revenir en arrière, de chercher des sentiers plus balisés. Or il nous faut apprendre que ce fruit tant attendue est avant tout don gratuit et plénier de Dieu.

Signe d’amour

Paul nous rappelle que Sarah et Abraham ont finalement vu le fruit de la promesse de Dieu, et il nous invite vivre en hommes et femmes vraiment libérés par le Christ.

L’admonestation de Jésus à la foule, à qui il reproche de demander un signe pour croire ramène à la même question, qui est celle de la foi. « Il y a ici bien plus que Salomon… Il y a ici bien plus que Jonas… » Le Fils de l’homme est le signe par excellence, mais en avons-nous vraiment conscience ? Nous n’aurons rien de plus… Mais si nous y réfléchissons bien, pourrait-il y avoir un signe d’amour plus grand que celui d’une vie totalement donnée, jusqu’à en mourir ? Si nous ne croyons pas à cet amour-là, à quoi pourrions-nous croire ?

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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