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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 10:12

Electric counterpoint, de Steve Reich

La foi, c’est aussi une façon de voir

1 Corinthiens 1, 26-31 ; Matthieu 25, 14-30

« Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez-bien ! » Cette injonction que Paul lance aux destinataires de sa lettre consonne assez bien avec la dernière partie de la parabole des talents, qui nous montre le troisième serviteur enfermé dans l’idée qu’il s’est fait de son maître : un homme qui moissonne où il n’a pas semé, qui ramasse le grain où il ne l’a pas répandu.

Cette image est-elle totalement fausse ? Admettons d’abord qu’il nous est difficile d’en juger. Que savons-nous de Dieu ? Ce qu’écrit Paul devrait nous inciter à ne pas rejeter trop vite ce que dit le troisième serviteur. Dieu, nous dit Paul, choisit le plus fou pour confondre les sages, le plus faible pour confondre le plus fort, il n’appelle que rarement les puissants et les gens de haute naissance, il prend le plus faible pur, il prend ce qui est d’origine modeste, ce qui n’est rien pour détruire ce qui est quelque chose… On est dans l’ordre de l’impossible, ou du moins de l’improbable.

Reconnaissons-le, entre la description que fait Paul et les propos du troisième serviteur, il y a des convergences. Mais alors comment comprendre le jugement auquel celui-ci s’expose ?

C’est que les conclusions que tire Paul de cette connaissance de Dieu et celles du troisième serviteur, partant de point de vue convergent sont en fait radicalement opposées.

Que dit Paul ? Qu’invite-il à voir ? L’apôtre demande aux Corinthiens de considérer que Dieu fait, de cette façon, œuvre de salut, puisqu’il a envoyé le Christ Jésus pour être ce qui nous manque : la sagesse, la force, la justice, la sainteté, la rédemption. Dieu manifeste ainsi qu’il est bon, généreux, miséricordieux, et que cette bonté est d’une puissance telle qu’elle outrepasse ce que nous considérons être comme l’ordre des choses.

Pour le troisième serviteur, il en va tout autrement : le maitre, commence-t-il par affirmer est « dur », sa puissance, il ne la voit pas comme libératrice, mais comme signe d’une exigence outrancière.

Grincements de dents

La parabole ne dit pas ce que le maître aurait fait face à un serviteur qui aurait connu « la faillite ». Là n’est pas le problème. Si l’on entend bien Paul, de cette faillite, le serviteur aurait été sauvé par le fils du maître… Ce qui « condamne », c’est le jugement porté par le troisième serviteur sur son maître,  un jugement qui l’a littéralement empêché de vivre.

Prenons donc garde à l’idée que nous nous faisons du maître. Discernons la bonté de Dieu à l’œuvre. Accueillons sa puissance libératrice pour oser vivre. Il est plusieurs fois question dans l’évangile de Matthieu de porte du Royaume qui restent fermées, ou des ténèbres où sont les pleurs et les grincements de dents. Ne nous méprenons pas : ce ne sont pas des menaces du maître, mais l’effet d’un regard qui ne s’est pas ouvert sur le don de Dieu. Faute de voir sa bonté, on s’en prive et dans ces conditions, il y a bien de quoi pleurer.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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