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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 07:59

Laudate Dominum, omnes gentes, par Cecilia Bartoli

Où il est question du plus grand commandement

Luc 14, 1. 7-11

Le texte que nous lisons ce matin est la suite précise de celui qui nous lisions hier. La parabole fameuse des invités qui choisissent la première place vient à la suite de la guérison de l’homme frappé d’hydropisie.

On oublie souvent, à propos de cette parabole, le contexte dans lequel elle est racontée. La guérison qui la précède fait apparaître que la communauté est malade, chacun préférant par le rite se sauver soi-même, quitte à ignorer celui qui aurait besoin d’aide, de soutien, de guérison.  C’est un des effets de cette maladie qu’observe Jésus : parmi les invités, chacun veut se mettre en avant. C’est pourtant un repas de shabbat, c'est-à-dire un moment où l’on va commencer par célébrer Dieu. Or Dieu n’est pas tenu en meilleure part que l’hydropique : chacun pense en fait à se célébrer soi-même. Dieu est congédié, ou du moins mis à une place secondaire…

Si bien que si nous réunissons les deux péricopes, nous avons un enseignement qui se rapproche directement de la question de savoir quels est le plus grand commandement : « Aimer Dieu de toute sa force, de toute son âme, de toute son intelligence, et le second lui est semblable : aimer son prochain comme soi-même. » Or dans de repas de shabbat, ni Dieu ni le prochain ne sont honorés.

Dans la parabole elle-même, on oublie souvent de la même manière le « décor ». Or Jésus dit : « Quand tu es invité à des noces… » Il aurait simplement pu dire : « Quand tu es invité à un repas… » Pourquoi des noces ? De quelles noces s’agit-il donc ?

Il me semble qu’il faut comprendre les noces comme celles du Royaume, celles de l’union de Dieu et de l’humanité, que le Shabbat à la fois célèbre et anticipe. Mais comment pourrait-on célébrer ces noces en ignorant à la fois l’homme souffrant et Dieu ? Comment pourrait-on célébrer ces noces en ne célébrant que soi-même ?

Dans l’éternité du shabbat

Si bien que l’invitation à prendre la dernière place n’est pas une simple leçon de morale sur l’humilité nécessaire pour éviter des désagréments dans la vie en société, mais une invitation à considérer ce qui est célébré : la communion de l’homme et de Dieu. Prendre la dernière place, c’est se tenir en serviteur de la rencontre de l’homme et de Dieu, comme l’a fait Jésus lui-même. Si bien que la finale de la parabole annonce en réalité la glorification de celui qui aura été le serviteur de ces noces.

Dernière indication, tout cela n’a de sens que si le shabbat, le rite – on pourrait dire la même chose de l’eucharistie dominicale – n’est pas un temps « à part », coupé du reste de la vie, mais un point d’orgue qui parle en quelque sorte de toute la vie, qui manifeste que toute la vie trouve son sens dans ces noces de Dieu et de l’humanité. On pourrait même dire que celui qui aime Dieu et son prochain entre dans l’éternité du shabbat…

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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Bernard SEGALEN 30/10/2010 10:19


Une chose me frappe. Nous trouvons dans deux textes, proches dans leur lecture à l'office, la conclusion: "qui s'élève sera abaissé, qui s'abaisse sera élevé." Dans le premier texte, le pharisien
et le publicain sont en "relation directe" avec Dieu au Temple, sans témoin, et c'est leur attitude face à Dieu qui est en cause. Dans le second, nous nous trouvons à un repas de noces qui, en
effet, peut être considéré comme nos Noces avec Dieu. Mais le Christ insiste bien cette fois-ci sur la présence de témoins à cette scène de "prétention". On peut même y lire que c'est, en raison de
la présence de ces témoins, afin de ne pas être humilié devant eux (orgueil blessé?), que notre attitude doit être celle de l'humble, avec le secret espoir (?!)d'être remarqué par le Maître devant
témoins. Cette analyse rapide qui conduit à cette différence entre les deux textes me fait préférer l'épisode du pharisien et du publicain.


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