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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:35

Leçon de ténèbres, de De Lalande. "Tombeau de Sainte-Colombe"

Quel est l’évangile que nous avons reçu ?

Galates 1, 6-12 ; Luc 10, 25-37.

Si nous avions une idée idyllique des débuts de l’Église, et si nous rêvions d’un âge d’or où tout allait bien et était clair, où tout le monde s’entendait, la lettre de Paul aux Galates suffit à nous ramener à la réalité. C’est vertement que Paul s’insurge contre ceux qui « jettent le trouble » parmi les Galates, et qui prétendent annoncer un autre Évangile que celui qu’il a prêché. Un évangile qui dit-il ne serait plus la révélation de Jésus Christ.

Pour nous qui lisons ce texte aujourd’hui, c’est une invitation à toujours revenir à l’Évangile que nous avons reçu de l’Église. C’est autour de lui que nous nous rassemblons.

Pour autant, cela ne nous dispense pas que la question de l’interprétation. Cette question est en effet présente dans l’Évangile lui-même, comme nous pouvons le percevoir dans la lecture de Luc, ce matin. Au docteur de la Loi qui l’interroge pour savoir ce qu’il doit faire pour avoir la vie éternelle, Jésus ne répond pas par un énoncé définitif. Il lui demande : « Dans la Torah, qu’y a-t-il écrit ? Que lis-tu ? » La Torah est vaste, on peut y lire beaucoup de choses… Si bien que la réponse de Jésus met en valeur la responsabilité du lecteur.

Vient ensuite la parabole dite du bon Samaritain. Elle est suscitée par la question du docteur de la Loi : « Et qui donc est mon prochain ? » C’est une façon de demander : qui est susceptible d’être aimé ? Qui dois-je aimer ? Avec, en arrière plan sans doute cette autre question : qui le mérite ?

C’est une question qu’en fait nous nous posons souvent parce qu’il y a ceux que nous aimons « naturellement », ceux qui nous semblent « aimables », et les autres, ceux que spontanément nous n’aimons pas, qui nous répugnent, qui nous énervent ou nous blessent, ou ceux qui nous sont tout simplement indifférents.

Le Samaritain de la parabole ne se pose pas cette question : il vient au secours de la vie blessée, en danger… Et Jésus invite à se comporter comme lui, qui s’est fait le prochain de la victime.

Mais que signifie dès lors cette parabole à l’égard de la Loi qui vient d’être évoquée ? Dans l’évangile de Matthieu (24, 34-40) Jésus dit que l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont deux commandements semblables et que d’eux dépendent toute la Loi et les Prophètes. Dès lors le prochain apparait comme « semblable » à Dieu. Et le Samaritain de la parabole peut aussi être regardé comme une description de l’attitude de Dieu qui vient prendre soin de l’homme blessé – c’est bien le sens de l’Incarnation.

Se faire le prochain de quelqu’un, c’est offrir sa personne à Dieu pour venir en aide à celui qui en a besoin. Mais aimer son prochain, c’est aussi reconnaître en lui quelque chose de la présence de Dieu qui vient au secours de notre faiblesse…

Tel est l’Évangile que nous avons reçu de l’Église : la révélation de l’amour de Dieu pour les hommes  et du fait qu’il passe par nos mains et nos cœurs d’hommes et de femmes. Il n’y en a pas d’autre…

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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