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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:48

Mardi Saint

Isaïe 49, 1-6 ; Jean 13, 21-33,36-38

Hier, Isaïe nous faisant entendre l’amour du Seigneur pour son serviteur. Aujourd’hui, c’est la réponse du serviteur qu’il nous est proposé de méditer. De l’un à l’autre, la concordance est totale, et ce « dialogue » nous donne une idée de ce que Jésus dit lorsqu’il affirme que le Père est en lui comme lui est dans le Père.

Pourtant, cette communion parfaite n’épargne pas l’épreuve. Si le Seigneur à dit à son serviteur : « En toi je me glorifierai », ce dernier en vient à s’interroger : « Je disais : “Je me suis fatigué pour rien ; c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces.” » Il y a un passage où l’offrande du serviteur le met à vif, à nu. Un moment où l’obéissance à la volonté du Père conduit au dépouillement, à la solitude, voire au doute. C’est le moment où s’authentifie le don de soi.

Le serviteur affirme que dans cette épreuve son « droit subsistait aux yeux du Seigneur, [sa] récompense auprès de [son] Dieu ». Si Dieu laisse le serviteur aller jusqu’au point où le don qu’il fait de sa vie est absolument gratuit, parfaitement volontaire, sans être « adouci », il n’a pas renoncé à sa fidélité, à sa promesse.

Ne nous trompons pas, cette épreuve n’a pas le sens d’une vérification. Dieu n’exige pas une preuve d’amour. Ce qui est en jeu, c’est la liberté totale et nue du don. Si le Père se retire – un peu comme il se retire au septième jour de la Création – c’est pour laisser à son serviteur, son Fils, toute sa liberté.

Paradoxalement, ce retrait est lui aussi un signe d’amour. Les parents le savent : pour permettre à leur enfant de marcher, il faut à un moment donner le lâcher. Pour lui permettre de devenir adulte, il faut cesser de le protéger des risques de l’existence et lui donner la possibilité d’avancer seul vers sa vie. Sinon il restera toujours dépendant, mineur… C’est parce qu’il aura pu faire cette expérience que le monde s’ouvrira à lui.

De la même manière, le Père peut dire, comme l’affirme le serviteur : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les tribus d’Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » La liberté du don du serviteur élargit universellement la portée de son don.

Gloire de Dieu, gloire de l’homme

C’est au cœur de l’évangile de ce jour, entre les deux figures de la trahison que sont, lors du dernier repas, Judas et Pierre. Jésus le dit ainsi : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt ». La glorification de Dieu, c’est le don total du Fils de l’homme qui la signifie. Il n’y a pas de prix plus grand. Surtout quand il passe par l’épreuve de la trahison.

Mais en Jésus n’arrêtant pas, la trahison, alors qu’il le pourrait, Jésus manifeste aussi que le don qu’il fait de lui est tout autant un don d’amour pour les hommes, quels que soient leurs actes – y compris les plus vils. Il dit ainsi le prix incommensurable de l’homme à ses yeux, aux yeux de Dieu. Ainsi, la gloire du Fils, c’est aussi la gloire de l’homme… Voilà ce que nous pouvons contempler en nous demandant quel prix nous accordons à Dieu et à l’homme.

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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