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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 08:01

Quelle idée nous faisons-nous de Dieu ?

Nombres 21, 4b-9 ; Jean 8, 21-30

Quitter nos servitudes n’est pas de tout repos. Et dans ces moments-là il est tentant de douter, de penser que nous faisons fausse route. C’est ce qui arrive au peuple d’Israël dans le désert. Le livre des Nombres nous rapporte que les Hébreux s’en prirent à Dieu et à Moïse, finissant même par trouver infecte la manne, le don de Dieu.

Sur quoi ce doute porte-t-il ? Sur l’être même de Dieu : est-il vraiment celui qui veut notre vie ? Est-il bon ? Jésus dit : « Dieu seul est bon ». Si nous pensons que Dieu est mauvais, nous allons à notre perte. Nous sommes seuls au monde… Le récit des Nombres nous montre cela de façon imagée : la morsure du doute est brûlante et mortelle, parce que dans cette traversée du désert qu’est la quête de notre liberté véritable, douter de la vie est absolument mortel. L’image du serpent nous renvoie bien évidemment au récit de la chute dans le livre de la Genèse, où le serpent figure la tentation de douter de la bonté de Dieu, en pervertissant sa parole, pour faire peser sur lui un soupçon. Dieu n’est plus bon, il est méchamment jaloux…

Comment comprendre alors ce récit qui nous dit que Dieu demande à Moïse de fabriquer un serpent de bronze et de l’élever sur un mat, comme une idole, alors que toute la Bible retentit de la condamnation des pratiques idolâtrique ? Il ne faut certainement pas conclure à l’instauration d’un rite magique. Le serpent de bronze n’a aucun pouvoir. Il ne guérit de rien. Précisément, ce que montre cette mise en scène, c’est l’impuissance profonde de la tentation, l’impuissance du doute. Il suffit de regarder ce doute en face, de le considérer pour ce qu’il est, pour comprendre sa vacuité, pour comprendre qu’il ne mène à rien.

Il y a dans nos vie beaucoup de doutes de cette nature qui nous susurrent de ne plus avancer, beaucoup de peur qui nous proposent de revenir en arrière. Il faut les regarder en face, considérer où elles nous conduisent et réaffirmer avec courage notre détermination à avancer, pour ne pas connaître le sort de la femme de Loth, changée en statue de sel…

Un amour sans limite

Contrairement à ce que l’on imagine, il n’est pas si difficile de faire preuve de cette lucidité pour ne pas être le jouet de nos doutes. C’est ce que dit Jésus à ses interlocuteurs : « Si vous ne croyez pas que moi, Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. » Quand il affirme « moi, Je Suis », Jésus parle avec les mots de Dieu, lorsqu’il s’adresse à Moïse depuis le buisson ardent. Il s’agit donc d’interroger notre foi. En quel Dieu croyons-nous ? Si nous croyons que Dieu est bon, qu’il est source de vie, alors le choix se fait clairement, entre ce qui nous paralyse, et celui qui nous ouvre le chemin de la vie.

 Jésus dit encore : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plait ». Accomplissant la volonté du Père, il sait que la vie lui est donnée en abondance, quelle que soit l’adversité qu’il rencontre. En mourant sur la croix, il nous montre bien plus que le serpent de bronze : pour « Je Suis » aimer ne connait aucune limite. Il nous donne tout, y compris sa propre vie. Ce n’est plus la vacuité de la tentation qui nous est proposée de regarder pour nous en détacher, mais la profondeur de l’amour de Dieu, totalement bon. Voilà notre source inépuisable d’espérance.

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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