Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 08:06

Quand Pierre et les chrétiens doivent encore se convertir…

Actes 11, 1-18 ;  Jean 10, 1-10

Nous lisons ce matin, dans les Actes, le récit que Pierre fait des circonstances qui l’ont amené à entrer chez le centurion romain Corneille et à prendre son repas avec lui, enfreignant ainsi les interdits de la loi juive. Ce récit est si important que Luc le raconte deux fois. D’abord pour nous dire ce qui arrive à Pierre, ensuite pour nous faire entendre la manière dont Pierre s’explique devant la communauté des croyants de Jérusalem – tous juifs.

Il y a deux récits, parce qu’il y a, outre la conversion de Corneille et de son entourage, deux conversions successives : celle de Pierre d’abord, comme chef de l’Église, celle de la communauté ensuite. Il s’agit pour Pierre, puis pour les croyants de Jérusalem, d’accepter que l’annonce de la Bonne Nouvelle à toutes les nations établisse un lien de véritable fraternité entre tous ceux qui la reçoivent, qu’ils soient juifs ou païens. Jusqu’alors, la séparation était stricte, et les cas de franchissement exceptionnels. Très rares étaient ceux qui devenaient pleinement juifs ; il existait néanmoins un statut intermédiaire, celui des « craignant Dieu », qui n’étaient plus considérés totalement comme des païens, mais qui n’avaient pas pleinement accès à la communauté.

La conversion de Corneille marque un tournant : l’Esprit se donne manifestement aux païens – c’est la Torah de Dieu inscrite dans les cœurs. Et ce faisant, l’Esprit ouvre la possibilité d’une nouvelle interprétation des préceptes de pureté… Tous seront pleinement frères du Christ. Cependant, ce tournant restera longtemps un problème pour les juifs, comme Paul le constatera tout au long de sa prédication. Cela sera l’une des premières causes de la rupture entre le judaïsme d’après la destruction du Temple et la communauté chrétienne.

Ne nous contentons pas cependant de regarder ce texte des Actes seulement comme un point d’histoire. La question de l’annonce à toutes les nations, à tous ceux qui ne connaissent pas le Christ demeure avec une immense acuité. Et la tentation du repli sur soi menace tout autant. Ce que nous dit Luc, c’est que les croyants doivent se soumettre à l’action de l’Esprit Saint qui les précède dans le monde. Qu’ils doivent se laisser bousculer et ne pas fermer leur porte. Pensons, par exemple, aux questions que soulève l’arrivée de catéchumènes qui ne sont pas toujours dans des situations personnelles « simples »…

Qui fait le tri ?

Le texte de Jean nous rappelle l’objectif même de Jésus. Si nous le lisons attentivement, nous voyons qu’ici, Jésus ne se présente pas comme le bon berger, mais comme la porte de la bergerie. Une porte qui n’enferme pas, mais permet au contraire d’aller et venir, c'est-à-dire de vivre. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance », dit le Christ. Il n’y a pas d’autre condition que de passer par la porte, pas d’autre condition que de reconnaître que Jésus est celui qui donne la vie en abondance.

Et puisque la porte/le portier, connait personnellement tous ceux qu’il appelle à passer par lui, comment pourrions-nous vouloir nous substituer à lui pour « faire le tri ».La conversion de Pierre et celle de la communauté de Jérusalem, cela doit être aussi la nôtre.

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens