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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:57

Stabat Mater, de Palestrina

Comme Marie près de la croix

Hébreux 5, 7-9 ; Jean, 19,25-27

La liturgie insiste parfois, pour nous donner le temps d’assimiler une nourriture copieuse ou difficile. Nous fêtions hier la Croix glorieuse, nous célébrons aujourd’hui Notre Dame des Douleurs. Sans doute  pouvons-nous voir là une forme de pédagogie qui nous aide à ne pas nous détourner trop vite de ce qui au fond n’est pas très agréable, ou du moins n’est pas facile.

Nous pourrions être tentés de considérer que nous sommes indemnes de la souffrance du Christ, tout en la vénérant et en la trouvant admirable.

La lettre aux Hébreux nous rappelle ce qu’a vécu Jésus de Nazareth, le Messie de Dieu. C’est dans la remise totale de sa vie entre les mains des hommes, conformément à la volonté du Père, qu’ « il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel ». L’auteur de la lettre aux Hébreux insiste sur la réalité et presque la matérialité des souffrances, en évoquant « un grand cri » et « les larmes ».

Nous aurions sans doute tendance à euphémiser ou à symboliser tout cela. Nous sommes invité à en prendre la mesure de la densité humaine, tandis qu’il nous est ainsi demandé : « Viendras-tu jusque là ? »

La liturgie propose de lire soit le bref passage de la passion selon saint Jean, qui montre Marie au pied de la croix, soit dans l’évangile de Luc, la prophétie de Syméon qui dit à Marie : « Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. » La souffrance de Jésus, sa passion, n’est pas une bulle dont l’homme serait indemne. La présence de Marie, de quelques autres femmes qui suivait le Nazaréen, et du disciple que Jésus aimait au pied de la croix, en témoigne. Marie ne s’est pas dérobée à cette épreuve, elle a accompagné son fils et elle en a elle-même souffert très profondément. Et si Jésus confie sa mère au disciple qu’il aime, il nous confie pareillement mutuellement les uns aux autres, afin que nous nous portions dans l’épreuve, au moment même où nous éprouvons le sentiment d’une impuissance totale.

A qui irions-nous ?

Une seule chose nous est demandée : être présent, aimer en étant présent. Ce n’est pas le plus simple, et parfois nous ne nous en sentons pas la force. Méditons alors la parole de Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? », et demandons à Marie de nous aider, de nous soutenir, de se tenir là avec nous.

Je sais bien que tout cela pourrait n’être que des « paroles verbales ». Une forme d’autosuggestion. Une manière de se gargariser d’un  discours spirituel… Ne mettons pas cela à toutes les sauces, mais lorsque nous-mêmes ou l’un de nos proches traversons une véritable épreuve, souvenons-nous de Marie au pied de la croix, et essayons le plus simplement du monde de ne pas nous dérober en demandant à l’Esprit la grâce de découvrir comment « être présent »…

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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