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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 07:43

L’épreuve de vérité

Actes  4, 13-21 ; Marc 16, 9-15

Parmi les évangélistes, Marc est le plus lapidaire sur la résurrection. A l’inverse de Luc et Jean, il ne nous montre pas comment Jésus ressuscité agit avec les disciples pour les aider à passer du désespoir et de l’inquiétude de la Passion à la foi en la résurrection. Il témoigne essentiellement de la quasi-impossibilité pour les disciples de croire.

Au verset 8, qui précède la péricope de ce matin, Marc affirme que les femmes qui ont trouvé le tombeau vide « ne dirent rien à personne, car elles avaient peur ». Puis, lorsque Marie de Magdala, après que Jésus lui fut apparu, va enfin parler aux disciples, ceux-ci ne la croient pas. Quand les disciples qui partaient « à la campagne » – on reconnait ici les disciples d’Emmaüs – reviennent à Jérusalem, contrairement à ce que raconte Luc, on ne les croit pas non plus… Et quand Jésus se manifeste aux Onze, il leur reproche leur incrédulité…

L’évangéliste semble vouloir nous montrer que le doute s’impose, qu’il est l’attitude « naturelle », y compris parmi ceux qui avaient suivi Jésus jusqu’au dernier jour. Voilà qui devrait nous mettre en garde contre l’idée que nous pouvons croire aisément en la résurrection.

Pourquoi Marc insiste-t-il ainsi ? Non pas pour jeter la pierre aux disciples, mais pour montrer à son lecteur qu’il ne doit pas s’étonner d’avoir lui-même du mal à croire. La nouvelle de la résurrection est inouïe, et il est normal d’avoir du mal à la recevoir. Ne pas admettre que nous sommes dans le doute, c’est s’illusionner. Il est sans doute même nécessaire de prendre acte de cette difficulté, d’en avoir conscience, pour recevoir du Christ la force qui permet de passer de l’incrédulité à la foi. En ce sens, le doute est une épreuve de vérité…

Écouter

Luc dans les Actes souligne d’ailleurs, à travers la scène de la comparution de Pierre et Jean devant le grand conseil d’Israël, le contraste entre ce que sont Pierre et Jean et la parole qu’ils tiennent. L’assurance dont ils font preuve n’est pas l’effet de leur qualité propre, mais l’œuvre en eux de l’Esprit saint. Ce que Pierre dit lorsqu’enjoint de ne plus prononcer le nom de Jésus il répond : « Est-il juste devant Dieu, de vous écouter plutôt qu’écouter Dieu ? A vous de juger. Quant à nous il est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu. »

Cet « à vous de juger », il nous est aussi adressé. Il y a une décision à prendre, un choix à faire, qui est celui de la foi, qui n’a rien à voir avec la morale, les sentiments, les émotions… Un choix qui consiste à « écouter Dieu ». Ce faisant, Pierre invite son auditoire et nous-mêmes, à revenir à ce qui est le premier commandement, celui qui ouvre le pacte du Sinaï : « Écoute Israël ! »

Si nous voulons entrer dans la foi, sortir de l’incrédulité, il convient de commencer par là : accueillir le Verbe de Dieu.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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