Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 08:17

Dieu cherche un cœur à cœur

Osée 2, 16b. 17b. 21-22 ; Matthieu 25, 1-13

Quelle relation pouvons-nous avoir avec Dieu ? Où le chercher ? Dieu nous semble parfois, sinon souvent, si lointain, si étranger, tellement hors d’atteinte. Il n’est pas étonnant que nous tournions notre attention vers ce qui nous semble plus palpable… ou vers des constructions intellectuelles, philosophiques ou théologiques subtiles mais désincarnées.

Les lectures de ce jours, où nous fêtons Édith Stein – sœur Thérèse Bénédicte de la Croix – juive carmélite morte à Auschwitz, nous disent pourtant tout autre chose en nous parlant d’intimité. La lecture du livre d’Osée donne la parole au Seigneur, qui fait le projet de parler « cœur à cœur » à son peuple. C’est le langage de la passion amoureuse qui est employé, car il s’agit de raviver l’émotion initiale, celle de la rencontre qui a suscité le désir. Par trois fois, Dieu dit : « Tu seras ma fiancée. »

Osée nous révèle ainsi que nous sommes l’objet d’un intense désir de la part de Dieu. Nous avons l’habitude de reconnaître la « paternité » de Dieu, dont nous admettons ainsi la bienveillance, mais cette bienveillance peut être distante, lointaine. Ici, il est question d’un lien bien plus intime, qui fait vibrer tout l’être, et qui a vocation à donner la vie…

La parabole des jeunes filles invitées à la noce est une sorte de petit conte oriental où le désir a lui aussi toute sa place, car la flamme de la lampe, c’est bien celle du désir. Pour ces jeunes filles, il s’agit d’être à la fois désirantes et désirables. Au départ, il semble n’y avoir que de la curiosité. Il s’agit d’aller  voir qui est l’époux. Mais certaines ont plus d’ambition, puisqu’elles songent à entretenir une flamme qui traversera l’épreuve de l’attente, le passage de la nuit.

Apocalypse

Il est à noter qu’il n’est pas grave de s’assoupir dans la nuit, puisqu’il y a, manifestement de la part de l’époux, un avertissement, un appel au réveil… Ce qui sera dirimant, ce n’est pas l’assoupissement, la fatigue, mais le manque de désir… Sans le désir, aucune rencontre n’est possible.

La parabole complète ainsi l’image d’Osée : si Dieu fait connaître par le prophète qu’il est un Dieu qui recherche une union intime avec l’homme, qu’il est un Dieu de désir, l’évangile nous dit qu’il souhaite être désiré. Comme s’il en avait besoin pour exister…

Puissions-nous connaître cette intimité avec Dieu, la désirer avec autant d’intensité que nous pouvons désirer celle d’un homme ou d’une femme.  L’expérimenter ne se décrète pas, c’est un pur don. Cependant, rien ne nous interdit de « sortir à la rencontre de l’époux », et de laisser se creuser en nous le désir de cette rencontre. Peut-être la révélation – l’apocalypse – de ce désir nous sera-t-elle alors donnée.

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens