Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 11:37

Jubilate Deo, d'Heinrich Schütz

A propos des anges

Exode 23, 20-23a ; Matthieu 18, 1-5.10

Nous avons fêté les archanges, il a trois jours, et la liturgie nous propose de célébrer aujourd’hui les anges gardiens. Dans le Livre de l’Exode l’ange de Dieu accompagne le peuple qui sort d’Égypte (cf. par exemple Ex 14, 19) et le protège. Il s’est manifesté à Moïse dans le Buisson ardent, si bien que nous pouvons le considérer comme une forme de la présence de Dieu lui-même. Dans le texte que nous lisons ce matin, qui se situe au moment de la conclusion de l’Alliance au Sinaï, l’ange de Dieu va être celui qui va veiller sur Israël jusqu’à l’entrée en terre promise – « le lieu que je t’ai préparé ».

Il est recommandé à Israël de se comporter à l’égard de l’ange de Dieu, comme à l’égard de Dieu lui-même : respecter sa présence, écouter sa voix, ne pas lui résister… en d’autres termes lui obéir (étymologiquement : prêter l’oreille à quelqu’un, oboedire)

Ainsi, parler d’ange gardien, c’est une manière de parler de la façon dont Dieu veille sur ceux à qui il a donné la vie, et dont il se rend présent à eux. Si le mot d’ange évoque pour nous des créatures célestes, telle que les peintres les ont souvent représentées, le mot hébreu que l’on trouve dans la Bible peut se traduire simplement par « envoyé » ou « messager ». Il renvoie donc à une réalité moins extraordinaire. J’aime entendre cela comme une invitation à ne pas chercher midi à quatorze heure. Ce qui importe, ce n’est pas l’extraordinaire, le surnaturel que constitueraient les anges, mais la présence même de Dieu qui peut se manifester par des « envoyés » très divers, parfois surprenants de simplicité. L’ange n’a de sens que par Dieu et pour Dieu. Évitons de le survaloriser, de l’idolâtrer : ce serait comme dans l’histoire de l’homme qui à qui un savant montre un astre, fixer le regard sur le doigt qui indique la direction, plutôt que sur l’astre lui-même…

Le texte d’évangile qui nous est proposé est presque le même que celui que nous lisions hier pour la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Sans doute faut-il bien nous entrer dans la tête cette leçon sur le fait d’être fils et fille de Dieu. Nous ne nous pensons pas naturellement comme tel…

Un verset cependant y a été ajouté : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux ».

Les versets qui précèdent mettent en garde ceux qui pourraient provoquer la chute « d’un seul de ces enfants qui croient en moi » - ce qui désigne ceux qui sont devenus par la foi enfants de Dieu. Et ceux qui suivent précisent que « le Père ne veut pas qu’un seul de ces petits se perde ». Ainsi, le verset « supplémentaire » que nous lisons manifeste-t-il l’attachement extrême de Dieu à ses enfants, ce que traduit l’image des anges qui voient sans cesse la face du Père...

Méditons donc sur cet attachement si grand de Dieu à ses enfants que traduit l’image des anges gardiens. Et n’oublions pas que le plus grand des envoyés de Dieu s’est fait homme en la personne de Jésus.

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens