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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:30

Messe en si mineur, de Mozart. Credo: Et incarnatus est... par Natalie Dessay

Fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Romains 8, 14-17 ; Matthieu 18, 1-5

Nous fêtons aujourd’hui sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Celle que l’on appelle « la petite Thérèse », par opposition à « la grande », Thérèse d’Avila, la réformatrice du Carmel. Il y a autour de la petite Thérèse tout un discours sur l’enfance et l’humilité aussi sirupeux que douteux qui pourrait laisser croire que la foi est pour les chiffes molles. Mais ce discours passe sous silence l’incroyable force de caractère et la passion éclatante de la jeune carmélite qu’avait si bien rendu Alain Cavalier dans le film qu’il lui a consacré. Et si Rome a fait d’elle l’une des trois femmes « docteur de l’Église », ce n’est pas pour la candeur de ses convictions !

L’esprit d’enfance n’a de sens en effet que s’il s’agit d’être fils ou fille de Dieu. C’est ce qu’annonce le prologue de l’évangile de Jean : « A tout ceux qui l’ont reçu [le Verbe], il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu ». C’est aussi ce que dit Paul dans l’épitre aux Romains : « Frères tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit sont fils de Dieu. L’Esprit ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur… » Thérèse avait justement surmonté ses peurs, ses névroses, pour mettre sa fierté dans le Christ.

Mais, me direz-vous, Jésus ne dit-il pas, prenant un petit enfant et le montrant à ses disciples qui voulaient savoir « qui est le plus grand dans le Royaume des cieux » : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. » Et il poursuit : « Celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille. » Plutôt que de nous fixer sur l’image du bambin, il me semble qu’il faut regarder Jésus. Ce qu’il dit est un peu une charade à tiroir. Si accueillir l’enfant, c’est accueillir le Christ, le Fils du Père, alors devenir comme les petits enfants, c’est devenir comme le Fils.

Par conséquent, plutôt que d’utiliser la figure de l’enfant pour y projeter nos propres fantasmes, nos propres représentations, regardons la manière dont Jésus est Fils, et songeons que c’est à cet enfant-là que nous sommes invités à ressembler. Cela devrait nous garder de la mièvrerie, et nous permettre d’avoir l’ambition de Thérèse qui voulait n’être rien de moins que le cœur de l’Église !

La gloire des héritiers

L’enseignement de Thérèse, ce n’est pas qu’il faille d’abord se considérer comme quantité négligeable et écraser tous les élans de vie qui nous habitent, c’est qu’en toute circonstance, en toute place, y compris la plus humble, il nous est permis d’avoir la plus grande ambition : celle d’être enfant de Dieu, celle de servir la vie de toutes nos forces. En ce sens il n’y a plus de petites et de grandes places : dans l’amour – qui est le cœur de la vie de Thérèse – ces catégories disparaissent pour laisser place à l’œuvre sans limite de Dieu. C’est bien ce que dit Paul : «Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu [la formule est stupéfiante !], héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui, pour être avec lui dans la gloire. »

Voilà la vraie destination de l’enfance : être avec lui dans la gloire !

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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