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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 07:41

L’amour invite à revenir…

Jérémie 3, 14-17 ; Matthieu 13, 18-23

« Revenez, mes fils infidèles, car je suis resté votre Seigneur. » Cette proclamation de Jérémie mérite qu’on s’y arrête. Elle dit que l’infidélité des fils ne change en rien le Père. Il demeure un père qui regarde les hommes comme ses fils. A cet égard l’infidélité n’est rien. Ce sont les fils qu’elle affecte, à leur propre yeux, mais elle ne les disqualifie pas aux yeux du père : fils il les a créé, fils ils demeurent.

Nous l’oublions souvent, car il est plus facile de supposer que l’infidélité, le péché instaure une différence de nature, de qualité. Cela nous permet de tenir à distance celui dont nous ne voulons plus nous sentir solidaire. La trahison tue l’amour, pensons-nous souvent. En fait, il n’en est rien, mais à notre tour, emprisonnés par une forme de jugement assassin, diabolique, nous ne parvenons pas à rester fidèles à l’amour. Nous ne résistons pas à cette tentation, à laquelle si l’on lit le début du livre de Job, Dieu lui-même est soumis par le satan.

C’est parce que Dieu demeure notre Seigneur qu’il peut dire « revenez ». C’est parce que son amour est intact, qu’il éprouve notre absence comme un manque et qu’il invite ses fils infidèles à venir reprendre leur place. Tout sera donc fait pour cela.

Mais cet appel est aussi en lui-même un dépassement, un déplacement de Dieu, non pas vers moins d’amour, mais vers davantage d’amour. En contemplant ses fils éloignés, Dieu voit non seulement Israël, le peuple qu’il a appelé, qu’il s’est choisi, mais tous les peuples. Il se souvient de tous les peuples et veut qu’eux aussi trouvent leur place auprès de lui. Ainsi, Dieu n’est-il pas amoindri dans son amour de Père, mais déployé, et presque élargi… Cet amour se répand au-delà de sa manifestation initiale…

Entendons cette parole, comprenons-là, vivons là, car Dieu se révèle en elle. Plus encore, il nous révèle à nous mêmes, car en dépit des blessures et des déceptions que nous nous infligeons mutuellement, l’amour en nous ne s’altère pas. Nous pouvons lui être fidèles et découvrir que cette fidélité s’oppose aux dynamiques de mort, de rupture, de rejets, dont il faut bien dire qu’elles sont aujourd’hui puissamment à l’œuvre dans le monde où nous vivons. Cette parole est une parole de libération, une parole de guérison. Laissons-nous libérer et guérir par elle. Acceptons qu’elle fasse son œuvre.

Pas de temps à perdre

Parallèlement à cette parole jaillie du livre de Jérémie, nous retrouvons la parabole du Semeur. Son explication. Elle n’est pas venue tout de suite. Il était bon que chacun ait été en situation de se l’approprier par soi-même. Il était utile que chacun ait le temps d’expérimenter, d’éprouver comment il l’a entendu, ce qu’il en a fait. Qui donc a écouté et compris ? Qui donc a écouté sans comprendre ?

Mais ne nous trompons pas, Jésus n’invite pas ses interlocuteurs à faire une sociologie de la réception de la Parole, pour porter un jugement sur tel ou tel qui entendrait mal ou comprendrait mal. Il suggère à ses auditeurs de s’interroger sur leur écoute, non pas de façon culpabilisante, mais de manière à pouvoir se mettre en situation de tirer profit de la parole, de sa fécondité.

Si cette parole, nous l’entendons d’une manière telle qu’elle ne nous est d’aucune « utilité », d’une manière qui la laisse stérile, à quoi bon ? Ne perdons-nous pas notre temps ? Ne serions nous pas comme le malade qui néglige la guérison, comme le prisonnier qui se moque de la liberté ?

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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