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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 09:11

Le problème, ce n’est pas la richesse, mais le manque de foi

1 Pierre 1, 3-9 ; Marc 10, 17-27

Nous entendons ce matin dans Marc l’histoire de l’homme riche qui accourut vers le Seigneur pour lui demander comment faire pour hériter la vie éternelle. Son attachement à ses biens l’empêchera de suivre Jésus. Essayons d’éviter de céder à la même fascination en lisant, sinon, nous serons aussi déconcertés que les disciples qui se demandent qui peut être sauvé, s’il est si difficile à un riche respectueux des commandements d’entrer dans le Royaume de Dieu.

Que se produit-il en effet ?  Cet homme voyant Jésus se mettre en route après avoir béni des enfants, se précipite et se prosterne, comme s’il avait devant lui un héros ou un dieu. C’est ce comportement que Jésus commence par contester. « Pourquoi me dis-tu bon ? Personne n’est bon, sinon l’Unique, Dieu ! » Ce faisant il rappelle à son interlocuteur la première partie des « dix paroles » : « Tu n’auras pas d’autre dieu que moi, tu ne feras pas d’idole… » Jésus refuse d’être mis à la place du Père.

Lorsque Jésus énonce ensuite les commandements qui portent sur la conduite à l’égard du prochain, l’homme assure qu’il n’a cessé de les observer. Alors, nous dit Marc, Jésus fixe son regard sur lui, et éprouve pour lui de l’amour. Il se laisse toucher par la sincérité de son interlocuteur et veut alors lui donner le moyen d’accéder à la réalisation de son profond désir.

Ce qui vient de se passer montre bien ce qui manque à cet homme : il connaît son prochain, mais ne connaît pas Dieu. Jésus se propose de le lui faire connaître. « Viens, suis-moi. » Jésus l’a dit : « Nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils », si bien qu’il faut suivre le Fils pour connaître le Père. Mais connaître le Père, c’est entrer, comme le Fils dans sa dépendance. Jésus vient de l’expliquer, en bénissant les enfants : « Quiconque n’accueillera pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas. » L’enfant ne possède rien, c’est pourquoi Jésus invite l’homme à se défaire de ses biens et à se faire des amis pour la vie éternelle en les donnant aux pauvres. Ce qui manque à cet homme, c’est cet esprit d’enfance, cette confiance dans le Père, plutôt que dans ses biens.

L’irrésistible bonté de Dieu

C’est aussi ce qui manque aux disciples qui s’étonnent et doutent que quiconque puisse être sauvés, si cet homme-là ne le peut pas, alors qu’il semble si parfait. Jésus les fixe à leur tour du regard – et Marc nous indique ainsi le parallélisme  qu’il établit entre les interlocuteurs de Jésus. Et c’est alors que Jésus leur rappelle que seul Dieu peut sauver l’homme, et que rien ne peut l’en empêcher. En ce sens, les richesses ne sont pas un mal par elles-mêmes. Jésus ne porte aucun jugement sur elle : il nous demande seulement où nous plaçons notre foi.

Le début de la première lettre de Pierre commence ainsi : « Béni soit Dieu, le Père de Jésus Christ notre Seigneur : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ, pour une vivant espérance, pour l’héritage qui ne connaîtra ni destruction ni souillure, ni vieillissement. » On ne peut trouver de plus belle réponse à la question de l’homme riche. Telle est l’irrésistible bonté de Dieu, voilà la connaissance qu’il nous faut rechercher

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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