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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 08:29

La simplicité du salut semble déconcertante

Osée, 2, 16-18.21-22 ; Matthieu 9, 18-26

Dans le passage de l’évangile de Matthieu que nous lisons aujourd’hui, deux guérisons sont emboitées l’une dans l’autre. Un « chef » demande à Jésus de venir ressusciter sa fille qui vient de mourir, Jésus se lève aussitôt pour se rendre chez lui. En chemin, une femme touche la frange de son vêtement, en espérant être guérie, et elle l’est.

Ce qui frappe, c’est la simplicité. La disponibilité de Jésus est totale. Il se prête à ce qu’on lui demande. Matthieu note même que Jésus « se mit à suivre » le chef… Il aurait pu écrire : « Il partit avec lui », mettant les deux sur un pied d’égalité. Mais il montre étonnamment Jésus en position de… disciple ! Quant à la femme, impure du fait de ses hémorragies, Jésus ne lui demande rien, mais il la conforte ! La résurrection de la jeune fille est tout aussi simple : Matthieu ne nous rapporte aucune prière, aucune incantation – à la différence de la résurrection de Lazare, dans l’évangile de Jean – : Jésus se contente d’entrer, de saisir la main de la jeune fille et celle-ci se lève.

Le salut serait-il si simple ? La vie serait-elle si « naturelle » ? Reconnaissons que c’est assez déconcertant, et que cela nous convie à ne pas chercher midi à quatorze heure. Peut-être nous faut-il avoir confiance dans la simplicité même de notre désir, et reconnaître que Jésus vient s’y inscrire, comme il se lève et marche à la suite de ce père qui vient de perdre sa fille et veut qu’elle vive, comme il accueille cette femme qui veut recouvrer la santé et sans doute pouvoir elle aussi donner la vie…

Remariage

La parole portée par le prophète Osée est de la même eau baptismale, si l’on peut dire. On y entend Dieu annoncer qu’il veut raviver le désir de son épouse infidèle. Cette fois-ci c’est la foi de Dieu en l’homme qui s’affirme : « Elle me répondra comme au temps de sa jeunesse. » Dieu ne doute pas que l’homme puisse recevoir la vie et entrer avec lui dans un rapport de liberté : « Tu m’appelleras “mon Époux” et non plus “mon maître”. »

Dans la corbeille de ce « remariage », Dieu apporte tout : la justice et le droit, l’amour et la tendresse. Plus encore, il restaure ce qui était brisé : à son épouse infidèle, il promet d’apprendre la fidélité. Et l’on sent bien ici que cet enseignement n’est pas l’instauration d’un lien aliénant, mais un don de bonheur, puisque l’infidélité naît de la crainte de n’être pas comblé, du rêve de trouver ailleurs ce qui est déjà donné, mais que l’on ne goûte plus.

Puissions-nous nous laissez convaincre par cette simplicité, pour goûter davantage le don de Dieu et en être les témoins de façon que les hommes et les femmes de notre temps découvrent à leur tour à quel point ils sont aimés.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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