Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 07:59

Faire le deuil de la mythologie

2 Pierre 1, 16-19 ; Luc 9, 28b-36

« Pour vous faire connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, nous n’avons pas eu recours à des récits mythologiques… » Ainsi s’exprime l’auteur de la seconde lettre de l’apôtre Pierre. C’est une manière de trancher radicalement avec toute une manière de parler de Dieu ou des dieux. Jésus, pour ce témoin, est d’abord une personne vue, rencontrée, côtoyée. C’est par là qu’il faut commencer.

Mais ce que nous dit aussi cette lettre c’est que la gloire de Dieu est venue sur lui.

Comment comprendre cela ? A quoi pourrions-nous reconnaître cette gloire ? Ce n’est pas si évident, si nous consentons nous-mêmes à sortir de la mythologie. Pourtant, c’est sans doute la première chose à faire, si nous voulons à notre tour connaître ce Jésus. Ce Dieu non mythologique est, affirme le texte, « Père ». Et dans cette gloire non mythologique, se fait entendre une voie qui dit : « Celui-ci est mon fils bien aimé, en lui j’ai mis tout mon amour. »

« Nous l’avons entendu nous-mêmes, quand nous étions avec lui. » Celui qui écrit la lettre est un homme réel, aussi réel que chacun de ses lecteurs, et il témoigne. Au lecteur de recevoir – ou non – son témoignage.

Ce qui est frappant, c’est qu’il n’est donné aucune explication, aucune interprétation de cette scène, proprement sidérante, incompréhensible, dont nous sommes, comme lecteur, prié de croire qu’elle n’est pas du ressort de la mythologie. L’auteur de la lettre de Pierre ne donne qu’une seule indication : « Ainsi se confirme pour nous la parole des prophètes ; vous avez raison de fixer votre attention sur elle. »

La seule manière, pour nous lecteurs, qui ne sommes pas participants à la scène rapportée, de nous situer face à cet événement « non mythologique » mais en fait indéchiffrable – il faut bien l’admettre –, c’est de s’en tenir à ce que nous avons à notre disposition : « la parole des prophètes ». Ce n’est pas en glosant sur ce qui nous échappe, mais en fixant notre attention sur l’Écriture, les textes de la foi d’Israël, que nous pourrons, à notre tour, entrer dans une expérience, non mythologique, qui confirmera ce que nous aurons reçu de cette parole – qui est, c’est sa nature prophétique, parole de Dieu. C’est la seule manière possible de connaître le Fils et le Père…

Dépouillement mental

Le récit que Luc fait de la « transfiguration » de Jésus, dit assez bien comment les témoins sont pris à contre-pied : ils sont accablés de sommeil, Pierre « ne sait pas ce qu’il dit », ils sont pris d’effroi lorsqu’une nuée – la présence de Dieu – les recouvre, et lorsqu’elle se dissipe, Jésus n’est autre que celui qu’il était auparavant…

Comment imaginerions-nous comprendre sans être nous-mêmes pris dans ce « décalage », ce « déplacement » ? Cela commence par le fait de ne pas savoir et de le reconnaître. Cela commence par le fait de ne pas chercher à « apprivoiser » cet épisode par le moyen de la mythologie. Ce n’est pas rassurant, c’est un dépouillement mental. Cela s’appelle la foi… La foi nue

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens