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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 08:48

Quand parle ce qui ne se voit pas encore

Sophonie 3, 14-18a ; Lc 1, 39-56

Nous fêtons ce matin la fête de la Visitation. Luc nous rapporte qu’après l’Annonciation, Marie s’est mise en route pour aller voir sa parente, Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. Voilà deux femmes, porteuses d’une promesse de vie qui excède le simple cadre familial, puisque ce qui est en jeu, c’est la restauration d’Israël. Mais ce n’est pour l’instant qu’une promesse. Rien de visible.

Le passage du livre de Sophonie que nous lisons annonce cette restauration, comme une fête joyeuse, jubilante. Il contraste avec ce qui précède, où le jour du Seigneur a été présenté comme un jour de fureur et de détresse, où le malheur a été appelé sur Jérusalem. Mais entre ces deux moments, Sophonie a également annoncé que Dieu ferait œuvre de conversion, tant parmi les peuples qu’au sein d’Israël.

Il y a de quoi regretter, pleurer et gémir, et pourtant la promesse est là, sur laquelle s’appuyer.

Ainsi sont Elisabeth et Marie. Ce qu’elles peuvent observer, à vue humaine, ne dit rien ou presque de ce qu’elles attendent. Et elles ne peuvent l’ignorer. Mais l’espérance de l’une raisonne en l’autre. Ce que Luc traduit d’une manière imagée : « l’enfant tressaille en elle ». C’est un mouvement intérieur qui saisit aussi bien Elisabeth que Marie, c’est le mouvement même de la vie qu’elles ont accueillie, c’est l’Esprit Saint qui les saisit et les remplit. Elisabeth dit le bonheur qu’elle éprouve, et la certitude intérieure que lui procure ce bonheur : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

La réponse de Marie est de même nature. C’est le jaillissement du don qui s’exprime, et la reconnaissance que la promesse de Dieu s’accomplit. Les paroles de Marie sont tissées de l’Écriture. On y retrouve le mouvement du cantique d’Anne, la mère du prophète Samuel, dont la prière fut exaucée, alors qu’elle ne parvenait pas à avoir d’enfant. On y retrouve les psaumes… Il y a là tout ce que peut porter une longue attente qui s’est nourrie fidèlement de la parole.

Mise en route

Dans les temps difficiles que nous traversons, nous sommes ainsi invités à écouter en nous la source de la vie, contre les tentations de désespérer et de baisser les bras, ou contre le recours à des fausses solutions rapides, apparemment faciles, contre le danger de chercher des fautifs, des coupables, des boucs émissaires.

Il faut sans doute remarquer, dans le texte de Saint Luc, le fait qu’il nous dit qu’après avoir entendu la parole de l’Ange, et appris de lui qu’Elisabeth était enceinte, Marie se mit en route. C’est une attitude biblique fondamentale. C’est celle d’Abraham qui croit à la parole qui lui est adressée. Celle de Jacob, celle du peuple d’Israël qui s’arrache à l’esclavage de l’Égypte… A l’inverse, on voit Israël refuser d’aller plus loin lorsqu’il est saisi par le doute, on voit Elie se coucher et se préparer à mourir… Pour entendre en soi le mouvement de l’Esprit, il faut prendre le risque de se mettre en route…

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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