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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 08:37

Malgré le bruit et la fureur, la promesse tient toujours

2 Rois 11, 1-4. 9-18.20 ; Matthieu 6, 19-23

Le second livre des Rois nous raconte l’une des pages les plus sombres de l’Israël biblique. Les lendemains du règne d’Akhab sont effrayants. Si Dieu s’était présenté à Elie à l’Horeb dans le « fin murmure d’un silence », ce ne sont maintant que « bruits et fureurs ». D’ailleurs, dans le passage que nous lisons, on cherche en vain une parole de Dieu… Les hommes semblent livrés à eux-mêmes et à leurs passions.

Ce sont des pages que l’on laisse aujourd’hui volontiers de côté. Racine en fit pourtant la dernière et l’une de ses plus grandes tragédies. Il y a effectivement matière à méditer sur cet épisode, si  l’on cherche un sens au-delà des seuls règlements de compte sanglants.

Le personnage central est un enfant, Joas. Il était promis à la mort, comme tout le reste de la descendance royale – c'est-à-dire les héritiers de David. C’est dire que la promesse de Dieu à David de maintenir sur le trône un des siens est en péril. Une femme va le cacher. Il est encore en âge d’avoir une nourrice, ce qui donne au personnage une certaine ressemblance avec Moïse. Il restera caché sept ans dans le Temple. Les sept années sont le signe d’un temps divin, de même que la présence au Temple manifeste que l’enfant est sous la protection du Seigneur.

Le récit nous dit donc qu’en dépit des horreurs de l’histoire humaine, Dieu maintient sa promesse, qu’il demeure fidèle, qu’il prépare son salut, quand bien même durant tout ce temps, il semble absent, quand bien même les hommes ne le voient pas…

Choisir la liberté

La suite nous enseigne que l’heure venue, l’œuvre de Dieu est manifestée aux yeux des hommes et que rien ne peut l’empêcher. Il y a là comme une évidence implacable, qui repose sur l’adhésion de ceux qui refusent la barbarie. Nous lisons ce texte, par une coïncidence étonnante, le jour où nous fêtons le 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. Indépendamment des opinions partisanes, il est clair que les hommes qui ont entendu ce jour-là l’invitation à servir la liberté contre l’oppression, ont cru que la justesse de ce combat était promis à la victoire, même s’il fallait pour cela traverser l’épreuve et la nuit, même si les apparences pouvaient inviter à la résignation et à la collaboration avec l’ennemi.

Cela signifie qu’il faut en permanence choisir, entre le camp de la force, des puissances « mondaines », et celle de la difficile liberté que Dieu propose aux hommes. C’est ce que Jésus propose à ses disciples, lors qu’il leur recommande de se faire « des trésors dans le ciel ». Ce ne sont pas les garanties et les reconnaissances du monde qui peuvent sauver… Elles sont au contraire exposées aux revirements des circonstances, des alliances, des intérêts, des passions. Si bien que Jésus nous demande d’exercer notre regard, pour distinguer ce qui ne se voit pas au premier coup d’œil.

Ce qu’il importe de voir, c’est ce que Dieu prépare, tient en attente, la manière dont il est fidèle à sa promesse alors qu’il semble absent. Telle est la leçon de la tragédie d’Athalie…

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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