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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 22:10

La Passion selon saint Jean, de Scarlatti (extrait)

A la source de la morale ou de l’éthique

1 Corinthiens 11, 17-26 ; Luc 7, 1-10

Lorsqu’on lit ce que Paul écrit aux Corinthiens, on se dit qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillère. L’apôtre ne laisse rien passer, et il ne se gène pas pour leur faire la leçon. Cependant, il faut éviter de se laisser obnubiler par cette virulence. On risque en effet de ne pas voir l’essentiel de son propos. Ce qui importe, en effet, ce ne sont pas les erreurs, les égarements ou les défauts des Corinthiens, mais ce que Paul leur rappelle quant au Christ.

Si l’apôtre s’insurge contre ces chrétiens qui ne se comportent pas en « frères », en s’opposant les uns aux autres, en humiliant les pauvres, ce n’est pas au nom d’une morale qui existerait par elle-même, mais au regard du don que Jésus a fait de sa vie.

C'est-à-dire que si l’on peut parler d’une morale chrétienne, si l’on peut exiger des chrétiens un comportement éthique, cette morale ou cette éthique trouvent leur origine en la personne du Christ lui-même, dans le don que Jésus fait de sa vie. Et ce don n’est qu’une conséquence du don du Père lui-même.

C’est pourquoi nous sommes devant cette situation « littéraire » paradoxale : c’est à propos de questions qui peuvent sembler secondes – celles du « bon ordre » de la vie communautaire – que nous parvient un témoignage central pour notre foi, celui de ce que nous appelons, en  langage théologique, « le récit de l’institution ». Paul écrit aux Corinthiens avant que les évangiles ne soient eux-mêmes écrits. Il est le premier, alors qu’il n’est pas un témoin direct, à raconter le dernier repas de Jésus, qui est la source de la célébration de l’Eucharistie. L’apôtre dit pour nous l’institution de l’Alliance renouvelée.

C’est donc la grandeur du don de Dieu – la manifestation de ce don en Jésus et par Jésus – qui fonde l’exigence d’une vie morale, éthique. C’est parce que Jésus, dans ce geste eucharistique qui préfigure le don de sa propre vie, se livre totalement que nous pouvons à notre tour, non seulement « vouloir bien nous comporter », mais comprendre que l’amour de nos frères passe d’une certaine façon, qui se précise pour chacun selon sa vie propre, par le don de soi à l’autre.

A qui s’adresse-t-on ?

Dans le récit de Luc qui met en scène la demande adressée indirectement à Jésus par un centurion romain à propos de son esclave malade, ce qui est mis en avant, c’est la perception aiguë que ce païen a de la personne de Jésus. Cet homme qui aime le peuple juif et sa foi au point de construire une synagogue – ce qui signifie qu’il a au moins entrevu la pertinence de l’Alliance – ne se sent pas digne d’approcher le Christ, alors qu’il a lui-même le souci du plus misérable – un esclave malade.

 La pointe du récit, c’est donc la conscience que nous avons – ou n’avons pas – de celui qui nous donne sa vie. Tel est le sens  de la remarque de Jésus : « Même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » Dès lors, le lecteur de l’évangile se trouve invité à se demander qui est celui qui est l’objet de cette foi ? Qui est celui devant lequel ce païen, qui a l’habitude de se commander, s’incline ?

C’est à partir de cette conscience, illustrée par le centurion, que nous sommes invités à régler notre comportement. La mesure des choses, c’est le Christ…

D.E.

 

 

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Published by Desiderius Erasme
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