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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 07:54

Voulons-nous vraiment juger en vérité ?

Daniel, 13, 42-62 ; Jean 8, 12-20

 

Comment jugeons-nous ? Telle l’une des questions qui ressort ce matin des textes que nous propose la liturgie. L’histoire de Suzanne, dans le livre de Daniel, est bien connue. Plusieurs grands peintres s’en sont inspiré, en peignant la scène du bain, avec en arrière plan les vieillards lubriques qui méditent comment convaincre la belle de céder à leurs avances. Pourtant, ce qui étonne, dans ce récit, c’est surtout la sagesse donnée à un jeune garçon qui ose, seul, aller contre l’avis de la foule disposée à lapider Suzanne, accusée d’adultère par ceux auxquels elle a refusé de s’abandonner. Le jeune Daniel ose demander au peuple s’il est vraiment désireux de connaître la vérité, ou s’il préfère s’en tenir à des apparences qui l’arrangent  facilement.

C’est le même reproche qui vient sur les lèvres de Jésus à l’encontre des pharisiens qui l’interrogent : « Vous, vous jugez de façon purement humaine. » C'est-à-dire d’une façon qui ne cherche pas à connaître la vérité, d’une façon qui vous évite toute remise en question. Dans l’évangile de Jean, Jésus se présente résolument comme l’envoyé du Père, comme celui qui ne dit rien de lui-même, mais dit la Parole que lui adresse le Père. « Moi, je ne juge personne, dit-il. Et s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul, j’ai avec moi le Père qui m’a envoyé… »

Ne pas juger, voilà une injonction qui résonne très fortement dans les évangiles. Et s’il faut juger, chercher la vérité et écouter, non pas son intérêt, non pas ses appétits ou ses apparentes certitudes, mais ce que dit le Père.

Accueillir la vraie lumière

Bien sûr, ce n’est pas facile et il n’y a pas de recette simple et automatique qui nous assure de connaître ce que dit le Père, mais au moins, nous pouvons commencer par prendre un peu de recul avec nos réactions immédiates, un peu de distance avec ce que nous pensons pour, petit à petit, laisser de la place à un regard plus intérieur et plus ouvert. Reconnaître que nous ne savons pas tout, c’est déjà rendre possible le fait d’en apprendre davantage, et cela permet d’accueillir une lumière nouvelle. « Moi, je suis la lumière du monde,  dit Jésus. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. »

Cette humilité première peut s’accompagner de la prière. Nous pouvons demander à Dieu d’être capable d’accueillir la Lumière du Christ. « Ce que vous demandez au Père, sachez que vous l’avez déjà ». Prier ainsi, sincèrement, en acceptant vraiment de voir notre jugement déplacé, modifié, pour qu’il soit un jugement qui ouvre à la vie – ce qui est fondamentalement la volonté du Père – c’est avoir la plus grande chance d’être exaucé. C’est aussi être emmené plus loin, grandir et recevoir soi-même la vie du Royaume, dès maintenant.

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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