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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 08:39

Vertu de l’humilité

Isaïe 10, 5-7. 13-16 ; Matthieu 11, 25-27

De la méprise au mépris. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier le parcours de l’Assyrie, tel que l’oracle du Seigneur proféré par Isaïe, le décrit. Que nous dit le prophète ? Dieu a décidé de se servir de la puissance assyrienne pour corriger son peuple : tel est « le bâton de [sa] colère ». Mais le souverain assyrien se méprend : il ne voit pas qu’il n’est qu’un instrument, il ignore qui il sert, tant il est convaincu de son empire : « J’ai agi par ma propre force, par ma sagesse, car j’ai l’intelligence… Comme on ramasse des œufs abandonnés, j’ai ramassé toute la terre, et il n’y a pas eu un battement d’aile, pas un bec ouvert, pas un cri. »

Dès lors rien ne résiste à l’orgueil, et finalement au mépris de Dieu et des hommes. Dès lors il est tentant de renverser le rapport entre les acteurs : « Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit, comme si c’était le morceau de bois qui soulevait l’homme… » Naturellement, la réalité finit pas s’imposer, la baudruche éclate…

N’en concluons pas qu’il ne faut surtout rien faire et ne mettre en œuvre ni l’intelligence, ni la puissance propre à chacun. On cherchera en vain dans l’Écriture des paroles qui appellent à pareille résignation. Simplement, chacun est convié à ne pas perdre de vue le fait que tout vient de Dieu. Nous sommes des serviteurs de celui qui donne la vie.

« Tout m’a été confié par mon Père » dit Jésus. Cette parole dit à la fois la position « royale » du Christ : tout lui appartient, mais en même temps, elle dit qu’il n’est rien sans le Père. Le Messie est serviteur, lui aussi, quoi qu’il soit Fils… Si le Fils est serviteur, combien plus nous-mêmes.

S’humilier

Bien évidemment, c’est une chose difficile à admettre, si l’on n’en fait pas l’expérience. C’est en ce sens que ce « secret » est révélé aux tout-petits, aux humbles – rappelons-nous la première des béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit, le Royaume des cieux est à eux » – et qu’il reste inaccessible aux sages et aux savants, sinon lorsque le Fils veut bien leur révéler sa connaissance du Père.

 

 

Il faut s’humilier, disaient les maîtres anciens – les pères du Désert, mais aussi les grandes figures spirituelles du xvie et xviie siècle. Ce langage nous est assez étranger aujourd’hui, parce qu’il a été utilisé de manière infantilisante, laissant croire que l’humilité était une forme de mépris de soi. Ce serait appliquer contre soi-même ce travers décrit par Isaïe, à propos de l’Assyrie. L’humilité véritable est toute autre : elle tient dans le double sens de la parole de Jésus : « Tout nous est confié par le Père » Notre puissance est infinie, dès lors que nous n’oublions jamais qui en est la source, le Père, et quelle en est la destination, la vie.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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