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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 10:11

Fidélité et foi

2 Timothée 4, 1-6 ; Marc 12, 38-44

 « Fils bien-aimé », c’est ainsi que Paul s’adresse à Timothée. Comment ne pas entendre dans ces mots un écho de la Parole du Père au baptême de Jésus et à la Transfiguration ? Bien sûr, Paul ne se prend pas pour Dieu ! Cependant, dans cette lettre où il témoigne qu’il est proche de la fin de sa course[1], Paul met en œuvre la parole de Jésus : « comme le Père m’a aimé moi aussi je vous ai aimé, demeurez dans mon amour. » C’est au nom de cet amour auquel il n’a eu de cesse de rendre témoignage, que Paul demande à Timothée de proclamer la Parole, à temps et à contretemps.

Sa lettre se fait étrangement contemporaine lorsqu’il écrit  qu’un temps viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement solide, où les gens seront dévorés par « la démangeaison » d’entendre du nouveau, et qu’ils chercheront une foule de maîtres, au gré de leur caprice. Face à cela, une seule chose : rester fidèle à la grâce reçue, en dépit des épreuves… Comme Paul lui-même s’est efforcé de rester fidèle. C’est ainsi que l’œuvre de Dieu peut faire son chemin parmi les hommes.

La fidélité, c’est une manière de donner sa vie. De la donner toute entière. Dans l’évangile de Marc, Jésus s’insurge contre une fausse fidélité, celle de ceux qui cherchent la gloire et la reconnaissance dans les postures religieuses. Ceux-là ne manquent pas.  Jusqu’à aujourd’hui. Et nous savons, que là-dessus, rien ne peut se bâtir de durable.

Mais Marc ne s’en tient pas là. Si nous n’avions pour rester fidèle que cette dénonciation des abus de la religiosité, nous n’irions pas bien loin.

L’évangéliste poursuit en témoignant de l’émotion de Jésus devant la misérable obole d’une  pauvre veuve. Le don qu’elle fait est ridicule si on entend le mesurer en termes d’efficacité : deux piécettes dans le trésor du Temple, c’est très exactement rien. Peut-être pas même de quoi payer un cierge…

La véritable puissance

L’apport des riches généreux est bien plus considérable. Mais Jésus est profondément touché par cette veuve qui sait bien que son don est infime. Il lui coûte beaucoup, en revanche. Comment peut-elle y consentir dans ces conditions  – un si grand prix pour une efficacité pratique nulle, c’est parfaitement déraisonnable –, sinon parce qu’elle croit que Dieu peut tout à partir de ce rien ? Ce don humble, minuscule, mais total devient alors le point d’appui à partir duquel Dieu peut soulever le monde, pour reprendre l’expression d’Archimède. Elle ne se substitue pas à Dieu, elle s’offre à lui. Qu’il fasse ensuite comme il voudra. La puissance de son don ne tient pas à la quantité, au volume, mais à son ancrage total et solide dans la foi. Elle sait, cette veuve anonyme, que la véritable puissance vient de Dieu.

De fait, quelque deux mille ans après, nous lisons toujours le récit qui nous rapporte ce don, et à partir de ces deux piécettes, Dieu nous demande : et toi ? Il s’appuie toujours sur l’obole de la veuve pour nous « soulever » nos cœurs.

D.E.



[1] Il n’est pas sûr que cette lettre soit de la main de Paul, et nombre d’exégètes pensent qu’elle a pu être écrite peu après sa mort, par un de ses proches.

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Published by Desiderius Erasme
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