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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 07:59

Quand l’adversité est un moteur

Actes 8, 1b-8 ; Jean 6, 35-40

Les débuts de l’Église ne sont pas une promenade de santé ou d’agrément. Après le martyr d’Etienne, c’est toute la communauté de Jérusalem qui affronte la persécution. Assurément, le chemin des disciples passe par la passion. Ce que nous apprenons aujourd’hui, dans la lecture des Actes, c’est que cette situation porte du fruit. Cela peut, encore une fois, sembler paradoxal, cependant, cela ne fait que confirmer ce que Jésus a dit à maintes reprises : « Si le grain ne meurt, il reste seul… »

Les chrétiens ne doivent donc pas s’étonner de rencontrer la contradiction, l’épreuve. Surtout, ils ne doivent pas se replier sur eux-mêmes, se mettre « aux abris ». Luc nous rapporte que l’effet de la persécution de Jérusalem, c’est au contraire de projeter les disciples de Jésus au-delà de la ville et de la Judée, pour témoigner de la Bonne Nouvelle.

Regardons un instant Philippe en Samarie. Il ne semble pas qu’il soit dans la lamentation ni dans l’amertume. Au contraire, il donne ce qu’il a, comme l’avaient fait Pierre et Jean à l’égard du mendiant de la Belle Porte du Temple. Sa présence est pour ceux qui le rencontrent source de vie, et de joie. La vérité de son témoignage est attestée par les signes qu’il accomplit, c'est-à-dire par son action qui fait du bien à ceux auxquels il s’adresse.

Ne nous focalisons pas sur le genre miraculeux du récit, qui est d’abord une figure littéraire, mais comprenons que Luc veut d’abord nous dire qu’en Philippe la parole et l’action vont de pair (rappelons nous ce que Jésus disait de ses adversaires : « Ils disent et ne font pas »). Il ne suffit pas de faire de beaux discours, il faut leur donner de la consistance, de la chair, les transformer en expérience…

« Je ne le mettrais pas dehors »

Ne nous attendons pas, cependant, à être automatiquement compris et crus. Jésus lui-même a fait face à la déception. Ainsi lisons-nous ce matin cette parole qu’il adresse à ceux qui ont été fascinés par la multiplication des pains : « Je vous l’ai déjà dit : vous avez vu et pourtant vous ne croyez pas. »

Pourtant, là encore, le Christ ne renonce pas : « Celui qui vient à moi, je ne le mettrais pas dehors… » Tous peuvent venir, tous peuvent recevoir la vie éternelle. Jésus accomplit la volonté du Père, qui est que tous aient la vie. C’est cette volonté qui le conduit à traverser la contradiction, à ne pas abandonner, à poursuivre le chemin malgré les embuches.  Le vrai bonheur est là, non pas dans le bien être personnel, dans la certitude d’avoir raison contre tous, mais dans la joie de voir la vie accueillie pas ceux qui la désirent. C’est bien ce qui anime Philippe dans les Actes. Que cela soit aussi notre joie.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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