Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 08:13

La Résurrection n’ouvre pas le temps où l’on rase gratis !

Actes 5, 27-33 ; Jean 3, 31-36

Les lendemains de la Résurrection sont paradoxaux.  Voilà ce que nous rappelle Luc dans le récit des Actes des apôtres.  Nous sommes peu après la Pentecôte, c’est dire que Pâques n’est pas si loin et que l’Esprit souffle. Dans ces conditions, tous les voyants devraient être au vert. La mort a été vaincue, le péché anéanti… Les apôtres devraient avoir devant eux un boulevard. Or que nous raconte Luc, une scène qui annonce un nouveau « vendredi saint » !

Pierre et Jean, du fait du succès de leur prédication, tiennent la place de Jésus. Ils sont devant les chefs du peuple, réunis en Conseil, et parce qu’ils refusent de se taire, ces chefs, « exaspérés,  projettent de les faire mourir » ! Quelle perspective pour des hommes « sauvés ». Ils ont plutôt l’air pris au piège…

Les lendemains de la Résurrection ne sont pas ceux où l’on rase gratis. Pas ceux où tout baigne. Pas ceux du bonheur façon club de vacances. Ce sont plutôt des jours de contradiction ! Reconnaissons que nous avons du mal à l’entendre, car ce n’est pas ce qu’instinctivement nous souhaitons.

Pourtant, Pierre et Jean font preuve dans cette situation d’une paisible assurance. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne connaissent pas la peur ou les doutes. Mais puisque le Père a ressuscité Jésus, ils disposent d’un point d’appui. Ils savent que l’épreuve ne leur sera pas épargnée, mais que la fidélité du Père est le gage de la victoire. « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». En cela, Pierre et Jean donnent corps, leur propre corps, aux Béatitudes. « Heureux êtes-vous si l’on vous persécute à cause de moi… »

Ce n’est pas qu’il faille résolument chercher les ennuis, bien entendu…  Cela signifie plutôt que lorsque les ennuis sont là, il est une manière de les vivre, dans l’Esprit, qui nous fait entrer dans la joie du Père et du Fils. Si je peux me permettre une petite incursion dans l’actualité, par les temps qui courent, où l’Église est dans les ennuis, y compris ceux dont elle est elle-même responsable, il y a là quelque chose à méditer. Face à cette tempête, sommes-nous dans l’amertume, dans la récrimination, dans l’invective, dans la défense contre les « agresseurs » ou les « coupables » ou sommes-nous comme les apôtres en train de chercher, modestement, mais résolument, à répondre à l’appel de Dieu ?

Pas de Résurrection sans Passion

Jean lui-même invite à ce discernement qu’il faut exercer quant à nos actes et à nos paroles. Il oppose un comportement « terrestre » et un comportement « qui vient du ciel ». N’entendons pas cela comme une opposition entre deux camps, entre « les bons » et « les méchants », mais comme un discernement qu’il faut opérer en nous-mêmes – et non pas sur le dos des autres.

Ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous disons rend-il témoignage à Dieu ? Tout le reste n’est que paille dans le vent. Ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous disons repose-t-il sur l’amour du Père pour le Fils, un amour qui par le Fils s’étend à tout homme ? Ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous  disons, témoigne-t-il de la vie éternelle qui nous est donnée ? Tout le reste n’est qu’une vaine agitation, aussi nombreux soyons-nous à nous agiter, à protester…

Tout le reste – qui n’est pas la foi quand bien même on crie « Seigneur, Seigneur ! » ou « l’Église, l’Église ! » – tout le reste nous expose à la colère de Dieu, dit Jésus. Cette colère ce n’est pas celle d’un père fouettard, c’est tout simplement l’effet en retour du mal que nous commettons en n’étant pas ordonnés à la Parole de Dieu. C’est l’effet en retour du mal que nous avons commis et dont nous ne nous sommes pas repentis, que nous n’avons pas réparé. C’est le fruit de notre mensonge et de notre hypocrisie.  Et pour des chrétiens, le premier mensonge, la première hypocrisie, consiste à ne pas accepter l’épreuve par laquelle Jésus nous a ouvert les portes de la vie. C’est celle de propager le rêve d’une résurrection qui ferait l’économie de la Passion.

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens