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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 08:02

Du baptême de Jean au baptême de Jésus

Actes 20, 17-27 ; Jean 17, 1-11a

Luc nous a informés de l’existence d’Apollos et de sa prédication à Éphèse. Paul arrive dans cette ville alors qu’Apollos est parti à Corinthe. A sa grande surprise, les disciples qu’il rencontre n’ont pas eu connaissance de l’Esprit Saint. Autrement dit leur foi ne connaît pas la Pentecôte. Ils n’ont reçu que le baptême de Jean, le seul que connaissait Apollos. De Jean, Jésus avait affirmé que le plus petit dans le Royaume des cieux était plus grand que lui (Luc 7, 28). Qu’est-ce à dire ?

Paul explique aux Éphésiens que Jean invitait à la conversion. Tel était le sens de son baptême : confesser ses péchés et se remettre fermement sur le chemin de la mise en œuvre de la Torah, de la parole de Dieu. Ce n’était pas rien. C’est pourquoi Jésus disait aussi que Jean était « le plus grand de tous les hommes nés d’une femme ». Cependant avec Jésus, un changement radical intervient : le don de l’Esprit, que nous allons fêter à la Pentecôte. Le don de l’Esprit, c’est la force de Dieu pour vivre, c’est la loi de Dieu écrite sur les cœurs, c'est-à-dire intime et non plus extérieure. C’est l’éveil du désir profond de la vie, et l’expérience que cette vie est possible…

C’est ce que Paul fait découvrir et expérimenter aux Éphésiens, d’où cette expérience presque surnaturelle, qui indique le dépassement de la seule conscience, du seul vouloir objectif : les interlocuteurs de Paul se mettent à dire des paroles mystérieuses et à parler comme des prophètes. C’est une manière de nous dire, comme on le lit dans l’Écriture en différents endroits, qu’ils sont investis de la « force d’en haut ».  

Nous avons besoin de cette force. Jésus le signifie à ses disciples, dans le dernier échange qu’il a avec eux avant sa passion. Lorsque ceux-ci lui disent qu’ils comprennent enfin, parce qu’il ne parle plus en paraboles et que par conséquent ils croient, Jésus s’étonne non sans une certaine ironie : « C’est maintenant que vous croyez ! » Sous-entendu : il est bien temps ; en êtes-vous si sûr ? Et il leur annonce qu’ils vont tous l’abandonner très bientôt.

Pourtant Jésus ne veut pas humilier ses disciples : « Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix. » Il veut les sauver. Mais comme son chemin passe par la Croix, celui des disciples passe par l’expérience de leur impuissance à se sauver eux-mêmes. Voilà ce qu’il faut que nous entendions : il est bon, il est juste que nous mobilisions toutes nos forces, tout notre cœur, toute notre intelligence, pour mettre en œuvre la Parole de Dieu, et pourtant, nous ne pouvons éviter de faire l’expérience que nos seules forces ne suffisent pas et qu’il nous faut recevoir la « force qui vient d’en haut ».

Ne nous le cachons pas, c’est un passage difficile, délicat, où nous pouvons côtoyer le découragement, le désespoir. Mais c’est aussi parce que nous touchons le fond que nous faisons réellement l’expérience d’être sauvés et que nous goutons une vraie liberté.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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