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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:36

Dixit Dominus. Les Vêpres de la Vierge. Monterverdi

Fête de la Nativité de la Vierge

Michée 5, 1-4a ; Romains, 8 28-30 ;  Matthieu 1, 1-16. 18-23

Pour fêter la Nativité de la Vierge Marie, la liturgie nous invite à lire le début de l’évangile de Matthieu et sa longue généalogie de Jésus, qui remonte à d’Abraham. C’est évidemment pour nous rappeler l’ancrage de Jésus dans le peuple juif, tandis que Luc, pour sa part, remonte à Adam pour assumer toute l’humanité.  Lorsqu’on lit ces généalogies, on remarque souvent et on a raison, les noms des femmes, parce qu’ils sont rares, et qu’ils renvoient à des moments singuliers de « l’histoire sainte ».

En général, on subit cette liste de nom sans trop y faire attention, d’autant que si l’on n’est pas un lecteur très attentif de la Bible, on ne les connait pas tous. Sans faire le détail de chacun, ce qui n’est pas possible ici, on peut au moins noter une chose : la plupart ne sont pas de « petits saints » ni de « grand héros ». Beaucoup n’ont pas été fidèles à l’Alliance. L’histoire que recouvre cette généalogie est une histoire conflictuelle, marquée par le péché. Voilà dans quelle histoire s’inscrit Jésus. Même si Matthieu et Luc nous racontent l’histoire « merveilleuse » de la conception de Jésus, une histoire théologique et théologale, ils ne nous masquent pas cette épaisseur humaine de la généalogie de Jésus. Nous ne sommes pas dans l’ordre des mythologies ou des récits édifiants.

Cette épaisseur humaine peut nous paraître déconcertante. C’est la nôtre, avec ses hauts et ses bas, avec ses nuits et ses jours. Lorsque le prophète Michée annonce la venue d’un  « berger », ce n’est pas l’aboutissement d’une marche triomphale. C’est d’abord la traversée d’« un temps de délaissement »… Nous aimerions parfois en faire l’économie. Mais la réalité est là. Cette épaisseur humaine, il faut l’habiter et y attendre la venue de celui qui nous délivre.

Notre paix

Paul, dans la lettre aux Romains, nous dit que « quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien ». C'est-à-dire que cette épaisseur humaine, qui nous déconcerte, qui parfois nous accable, peut elle-même contribuer à notre bien. Et de fait, c’est en elle que nous éprouvons le salut. Nous avons souvent du mal à le comprendre, souvent du mal à le vivre.

Pourtant, Michée nous annonce la paix, c’est-à-dire bien plus que la fin des conflits, mais la plénitude de la vie. Comme Paul proclame dans la lettre aux Éphésiens : « Le Christ est notre paix ».

Essayons, même si ce n’est pas facile, d’ouvrir la porte de ce qui peut sembler dans nos vies le plus lourd, le plus sombre, pour y accueillir cette paix.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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