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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 07:57

 

Glen Gould...

Laissons le bon grandir et mûrir…

1 Corinthiens 4, 1-5 ; Luc 5, 33-39

« Ne portez pas de jugement prématuré » écrit Paul aux Corinthiens, tandis que Jésus, que l’on interroge sur le comportement de ses disciples explique qu’il n’est pas étonnant qu’ils n’agissent pas comme ceux de Jean ou ceux des pharisiens, il est dans la nature des choses qu’il y ait du dissensus… Et Jésus par ses deux rapides parabole sur le vieux et le neuf affirme qu’en voulant à tout prix réduire ou ignorer ce dissensus, on va perdre et le vieux et le neuf… Il est normal qu’il y ait des différences, ne les niez pas, ne prétendez pas les faires disparaître, sinon vous n’obtiendrez que des catastrophes, nous fait-il comprendre. Mais surtout, comme l’indique la seconde parabole sur le vin, laissez le temps au temps : il faut du temps pour que le vin vieillisse et délivre toute ses qualités…

Notez au passage que les deux paraboles présentent de façon inversée le vieux et le neuf. Dans la première, le vieux est ce qui est usé, dans la seconde le vieux est ce qui a bonifié. Par conséquent, vieux et neuf ne sont pas des catégories qui permettent de qualifier un jugement…

Cette manie du jugement hâtif est une des maladies les plus répandues. Et plus largement, celle de juger. Dans l’évangile, Jésus, à plusieurs reprises, met en garde contre la tentation de juger. Certes il invite à « juger les signe des temps », c'est-à-dire à discerner l’œuvre de Dieu dans le monde, et c’est tout autre chose.

Louange

Paul le dit, le vrai jugement revient à Dieu. Mais ne faisons pas de Dieu une sorte de souverain qui rendrait la justice sous son chêne. Lorsque Paul nous dit que le jugement appartient à Dieu, il nous invite à accueillir, dans ce que nous sommes tentés de juger, le don même de Dieu, ce qu’il œuvre à travers celui ou celle sur lequel nous sommes tentés de porter un jugement. Rappelons-nous la parabole du bon grain et de l’ivraie : le bon et le mauvais sont mêlés, vouloir extirper le mauvais – ou que nous voyons comme tel – c’est prendre le risque d’arracher le bon avant qu’il ait porté son fruit…

La finale du texte de Paul est d’ailleurs significative : le jugement de Dieu, l’apôtre le qualifie de louange. Une célébration du bon, bien plus qu’une condamnation du mauvais. Si nous ne pouvons nous garder de la tentation de juger, que notre jugement soit à l’image de celui de Dieu : une célébration du bon. Cela demande sans doute plus de courage et de patience que la précipitation dans la sanction du « mauvais ».

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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