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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 07:02

 

Jean-Sébastien Bach, Prélude et Fugue en ré mineur 

 

Fête de la Croix glorieuse 

Philippiens 2, 6-11 ; Jean 3, 13-17 

Devant les textes de la liturgie de la fête de la Croix Glorieuse, que nous célébrons aujourd’hui, on éprouve tout d’abord le désir de rester silencieux, de s’incliner devant celui qui donne librement sa vie, en mesurant à quel point nous sommes nous-mêmes éloignés d’une telle attitude. Rien n’est moins naturel que ce don, rien ne contredit plus l’instinct de survie et le désir de jouissance qui sont en nous, que cette perte de soi consentie pour les autres. Il ne s’agit pas d’adorer une toute puissance effrayante, dominatrice, mais une liberté si grande qu’elle va jusqu’à être en quelque sorte libre d’elle-même, capable de s’anéantir, par amour. « Lui qui était de condition divine n’a pas revendiqué son droit d’être traité à l’égal de Dieu. » Non seulement le Christ prend la condition de serviteur, mais encore cette obéissance le conduit jusqu’à la mort sur la croix.

Lequel d’entre nous peut dire qu’il est disposé, de ses propres forces, par sa propre nature, à suivre ce chemin ?

Le film Des Hommes et des Dieux, qui relate le drame du monastère de Tibhirine, illustre parfaitement le combat intérieur qui se déroule en celui qui se trouve devant cette éventualité. Nul ne le vit de la même façon, et chacun se trouve confronté à sa liberté. Certains répondront peut-être plus facilement que d’autres, sans doute en raison de ce qu’ils ont déjà commencé à vivre, mais nul n’est à ce titre « meilleur » que l’autre. La question qui est posée à chacun, c’est celle de consentir ou non à laisser le Christ lui-même répondre en nous. Ce n’est pas une affaire de force morale, mais d’humilité.

Tous, nous savons que nous allons mourir. Nul d’entre nous n’y échappera. Laisserons-nous le Christ venir en nous se donner aux hommes pour leur faire connaître tout l’amour dont Dieu est capable à l’égard de ses enfants ?

C’est bien ce que l’évangile de Jean fait dire à Jésus : « Dieu à tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé. »

Contemplation

Si nous faisons silence et prenons le temps de laisser raisonner en nous ce qu’écrit Paul aux Philippiens, ce que nous transmet l’Évangile de Jean, si nous essayons de considérer ce que vit Jésus en livrant sa vie, en laissant les hommes la lui prendre, nous ne pouvons qu’être bouleversés. Peut-être alors cette contemplation ouvrira-t-elle en nous un chemin pour que le Christ lui-même vienne en nous et nous conduise vers le don de notre propre vie, en commençant par des gestes simples, par l’accueil de l’autre, par l’attention à lui, par le respect de sa personne au-delà des apparences…

C’est tout ce que je nous souhaite en cette fête de la Croix glorieuse.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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