Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:24

Mercredi Saint

Isaïe 50, 4-9a ; Matthieu 26, 14-25

Isaïe poursuit son portrait du serviteur de Dieu. Un texte que connaissait bien sûr Jésus et qu’il pouvait sans doute lire comme un carnet de route. Pour nous qui le lisons aujourd’hui, il est donc bien sûr une invitation à contempler le Fils. Cependant, contemplant le Fils, nous découvrons ce à quoi nous sommes nous-mêmes appelés.

Le verset 4 à lui seul est tout un programme. Il pose un petit problème de traduction parce qu’en hébreux, la même racine dit à la fois « enseigner » et « étudier », et le contexte invite à choisir. Cette racine revient deux fois dans le verset. Nos bibles et la traduction liturgique choisissent presque toutes de le traduire par disciple (ou une expression équivalente), ce qui donne ceci : « le Seigneur Dieu m’a donné une langue de disciple pour réconforter à mon tour celui qui n’en peut plus ; la Parole me réveille chaque matin (…) pour que j’écoute comme un disciple »

En réalité, il vaudrait mieux traduire la première partie du verset « Dieu m’a donné une langue d’enseignant, [ou de maître]  pour réconforter celui qui n’en peut plus ». Dieu donne en effet une assurance intérieure qui permet de secourir celui vers lequel il nous envoie. La seconde partie du verset explique quelle est la source de cette assurance, de cette maîtrise : elle vient de l’enseignement reçu chaque matin de la Parole qui me réveille.  Ce réveil est un relèvement, une résurrection ! C’est la puissance de ce relèvement qui est l’assurance dont nous avons besoin pour relever celui qui n’en peut plus.

C’est exactement la conduite de Jésus. Il nous faut l’imiter, comme on disait jadis, en allant puiser dans l’écoute de la Parole une véritable assurance qui nous transforme en envoyés du Fils. Cette assurance, qui n’est pas le fruit de nos seules capacités, de nos seuls talents, est alors celle qui réconforte et relève celui qui n’en peut plus. Dès lors, celui-ci peut à son tour se relever et devenir lui-même témoin du don qu’il a reçu. Ayant entendu la Parole comme « disciple », il peut la dire comme « enseignant »…

Le verset 5 nous livre la clé de ce miracle. Cette écoute fondamentale est un don de Dieu : « Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille et je ne me suis pas révolté.» Voilà ce qu’il nous faut demander sans cesse afin de pouvoir répondre à l’appel de Dieu. Des oreilles, un cœur ouvert à la Parole. 

La suite du texte d’Isaïe dit la confiance qui en résulte pour affronter l’inévitable contradiction, l’inéluctable épreuve.

L’erreur de Judas

L’évangile de Matthieu nous rapporte la trahison de Judas. Quel est le ressort qui conduit Judas à cette extrémité ? Matthieu ne l’explicite pas, cependant cela ne nous interdit pas d’y réfléchir. La situation de Jésus, à cet instant semble déjà désespérée. Judas n’aurait-il pas oublié l’enseignement d’Isaïe ? N’aurait-il pas considéré que le combat était perdu, et essayé de tirer seul son épingle du jeu ? La suite de l’histoire montre qu’il s’est perdu lui-même faute de croire en la puissance de « relèvement » de la Parole. A l’inverse, Jésus qui sait que Judas va le livrer, loin de chercher à s’en prémunir, se confie totalement à la Parole du Père et y trouve l’assurance qui lui permet d’affronter la mort. Au matin de Pâques, nous sommes témoins que la Parole du Père l’a « réveillé ».

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens