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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 09:01

Sonate à Kreutzer, Mouvement n°II.

De l’importance de la communion

Galates 2, 1-2. 7-14 ; Luc, 11, 1-4

Il y a beaucoup de choses dans le passage de la lettre aux Galates que nous lisons aujourd’hui. Je voudrais m’arrêter seulement sur le début. Paul y explique aux destinataires de cette lettre qu’il est « de nouveau monté à Jérusalem au bout de quatorze ans ». Cette indication de temps est importante, elle nous donne la mesure de la première mission de Paul, qu’il a conduite avec Barnabé en partant d’Antioche. Quand on lit le récit de Luc dans les actes des apôtres, on peut avoir l’impression que les choses vont beaucoup plus vite. Ces quatorze ans nous invitent à méditer sur la durée nécessaire d’un enracinement, alors que nous vivons dans une époque où la vitesse, l’immédiateté s’imposent. Le temps de l’annonce de l’Évangile est un temps long. Celui de nos conversions aussi, même s’il y a des moments forts, des instants repères qui datent une découverte un retournement. Il faut ensuite le temps d’un murissement.

Paul dit encore autre chose : s’il monte à Jérusalem, c’est pour y rencontrer les responsables de la communauté, notamment Pierre, Jacques et Jean. Car il ne voulait pas, écrit-il, « risquer de courir pour rien ». Quand bien même il est habité par la certitude intérieure de sa mission, fort de la grâce qu’il avait reçu, Paul éprouve le besoin d’une confirmation ecclésiale. Ces quatorze années de mission qu’il vient d’accomplir, il les remet à l’Église. Comme la suite le montre, cette démarche d’humilité ne le rend pas servile. Bien au contraire, c’est parce qu’il aura été confirmé dans la grâce reçue qu’il osera s’opposer à Pierre quand il le jugera nécessaire, non pas pour défendre ses intérêts, mais par fidélité à la grâce reçue.

Source

Cette humilité de Paul a une origine, celle des disciples eux-mêmes, qui vont eux aussi à la source, pour pouvoir vivre ce à quoi ils sont appelés. Ils ne se contentent pas de calquer leur comportement sur celui de Jésus. Chacun, voyant Jésus prier, aurait pu se dire simplement qu’il suffisait de prier à son tour. La prière n’était pas une chose étrangère à la culture juive à laquelle ils appartenaient. Ayant fréquenté la synagogue et le Temple, ils pouvaient en avoir une idée assez précise. Mais ils éprouvent, au moins l’un d’entre eux, le besoin d’apprendre à prier, et d’avoir Jésus comme maître de prière. Il y a donc plus dans le « Notre Père » qu’une suite de parole doctement organisée que l’on va pouvoir répéter sans se tromper. Il s’agit d’être, en priant, en communion avec le Fils qui prie le Père.

Pour conclure, ce que nous pouvons retenir, c’est cette nécessité de rechercher cette communion qui consacre la vérité de nos engagements. Faute de quoi nous risquerions, nous aussi, de courir pour rien.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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