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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 16:50

Mon cher Thomas,

je m’apprêtais à t’entretenir de la sainteté, interloqué que j’étais par l’annonce de la béatification prochaine de Karol Wojtyla, pape sous le nom de Jean-Paul II. Pour avoir suivi de près les événements de l’Europe centrale et orientale pendant les vingt dernières années du XXe siècle, je ne doute pas de ses mérites. J’ai rencontré quelques-uns de ses amis lorsqu’il était prêtre puis évêque du diocèse de Cracovie et j’ai, sur bien des points de son action, une grande admiration pour lui. D’autres aspects de son « œuvre » me laissent plus perplexe, mais je doute d’avoir la compétence et les éléments pour en juger. Je m’étonne de la précipitation avec laquelle Rome s’empresse de le porter sur les autels. Où est l’urgence ? Ne vaudrait-il pas mieux laisser passer une génération qui porterait un jugement moins émotionnel ? L’institution pontificale se croit-elle si fragile qu’elle ait besoin de démontrer que tous ses derniers papes sont des saints, ce qui aurait alors pour fonction de « prouver » le dogme de l’infaillibilité…

On a donc proclamé qu’on avait trouvé un miracle que l’on pouvait attribuer à Jean-Paul II. Il serait, au fond, le sceau de la sainteté (un pour être déclaré « bienheureux », deux pour être labellisé « saint ») ; la réponse de Dieu à l’interrogation des hommes… Tout cela me paraît présenter à nos contemporains une curieuse image de Dieu lui-même, et une foi bien étrange. Est-ce ainsi que nous pouvons rendre compte de notre espérance devant les hommes d’aujourd’hui ? J’en doute profondément.

J’avais donc l’intention de réfléchir avec toi plus longuement à ce sujet, lorsque j’ai reçu par courrier électronique, une interpellation à propos d’un prochain débat au Sénat sur la légalisation de l’euthanasie. Ceux qui la souhaitent, et auxquels je veux bien reconnaître des intentions honorables – même si je pense qu’elles sont discutables – disent souvent qu’il n’y a pas de raisons d’imposer à tous un refus de l’euthanasie qui serait fondé par des convictions religieuses. Pourquoi imposer aux non-croyants les lois d’un Dieu qu’ils ne reconnaissent pas ? Dans ces termes, la discussion est d’emblée close.

Ne partons pas de Dieu comme d’une évidence

Nous sommes ici piégés par une représentation de Dieu comme un souverain qui surplomberait le monde et ferait descendre ses commandements du haut de son trône céleste, de même qu’il prodiguerait ses miracles, distribuant ainsi ses « légions d’honneurs » à quelques heureux élus. Cet anthropomorphisme monarchique est un désastre, puisqu’il fait en réalité obstacle à l’expérience de la foi. Pour les uns, il sert de repoussoir, pour les autres, il est un facteur d’infantilisation… Nos pères dans la foi, les Juifs qui ont de réécriture en réécriture, établi et médité le texte biblique, avait assez bien compris le danger, puisqu’ils ont mis largement en scène, avec les livres de Samuel et ceux des rois, les tendances perverses de l’institution monarchique. Si cette institution humaine est si critiquable, il vaudrait mieux éviter de nous représenter Dieu à son image…

En fait, la discussion sur les attitudes à tenir devant ce que l’on appelle « la fin de vie » peut être ouverte sans que personne ne se sente contraint d’adopter un point de vue « religieux », si nous ne partons pas de Dieu comme d’une évidence, pour faire l’effort d’interroger en profondeur l’expérience humaine, et surtout de nous laisser interroger par elle. Avant de prétendre donner des réponses, essayons ensemble, indépendamment de nos convictions, d’entendre les questions qui se posent.

Nous pouvons, nous chrétiens, le faire en toute confiance, sans crainte d’être dépouillé de quoi que ce soit de fondamental, puisque notre foi nous enseigne que Jésus, Parole incarnée, vient habiter notre humanité en totalité, de la gloire à la déréliction. La foi d’Abraham et de Moïse – à laquelle Jésus nous introduit – voit l’œuvre de Dieu dans l’histoire humaine. Il n’est donc pas nécessaire de poser Dieu en surplomb, mais d’essayer de comprendre ce qui est en jeu, en termes anthropologiques.

Avant de dire que Dieu « interdit » ceci ou cela, avant de tracer une ligne de partage entre croyant et incroyants, nous pouvons proposer de débattre de ce que nous voulons pour la communauté humaine, de la manière dont nous éprouvons les situations qui nous convoquent à des choix difficiles. Cela vaut pour la fin de la vie, mais aussi pour bien d’autres domaines. Ne disons donc pas tout de suite que l’homme n’a pas le droit de disposer de sa propre vie ni de celle des autres. La vérité, c’est que tout au long de sa vie, il ne cesse de le faire, de multiples manières, puisqu’à bien des égards, la vie et son devenir sont entre les mains des humains. La question me paraît être d’essayer de discerner les motivations qui sous-tendent ces choix, la manière dont ces choix s’articulent les uns aux autres, ce qu’ils dessinent comme avenir.

Nous sommes en fait dans une double tension. La première concerne l’individu. Comment pouvons-nous d’un côté faire droit à l’autonomie de l’individu, lui reconnaître la liberté de ses choix, et de l’autre faire en sorte que cette autonomie ne débouche pas sur la dislocation du lien social, sur la perte du bien commun. La seconde vient en miroir, et se dit à partir du collectif. Comment le souci du bien commun – sa sauvegarde qui est nécessaire pour le bien-être de chacun des individus –, est-il respectueux de la liberté et de la dignité des individus ? On a vu de nombreux régimes politiques faire des ravages, au nom du bien commun qu’ils prétendaient garantir, en principe. Combien de crimes a-t-on commis au nom de l’idéal du bien ?

Les questions qui touchent tant au début qu’à la fin de la vie se nouent autour de ces questions fondamentales. Dans les récits de la Passion, ces questions sont posées – « Ne vaut-il pas mieux qu’un seul homme meure pour tout le peuple ? » demande le grand prêtre au moment où est prise la décision d’en finir avec le rabbi de Nazareth –, et le silence de « Dieu » est abyssal.

Ce que nous pouvons apporter à ce débat, comme chrétiens, ce ne sont pas des réponses toutes faites, décrétées par avance, mais le témoignage – celui de Jésus lui-même – que cette articulation du bien commun et de la liberté des personnes repose tout entière sur la question du don et du renoncement. Le bien commun ne peut être sauvegardé de manière non oppressante que pas le libre consentement des individus à en assumer le prix, au service et au bénéfice les uns des autres. Les choix de société que nous faisons, ou que nous laissons se faire, sont-ils ordonnés à cette exigeante réalité ? Sans même qu’il soit nécessaire de parler de Dieu, nous aidons-nous mutuellement à le comprendre ?

Le vrai miracle

Si nous affirmons que Jésus sauve le monde en donnant sa vie, alors nous devons dire que la communauté humaine ne peut se développer que dans cette dynamique du don libre de soi pour l’autre. Nous pouvons alors discerner, notamment dans les situations très complexes de la fin de vie, une invitation à les habiter ainsi. Il n’est pas nécessaire pour cela de porter notre foi comme un étendard, Jésus lui-même se garde bien de prendre cette posture, chaque fois qu’il guérit ou pardonne. Rappelons-nous la parole qu’il adresse à ses disciples, qui le sollicitent lorsque la foule est affamée : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Ou pour le dire plus trivialement : « Coltinez-vous à la réalité, avant de plaquer sur elle des solutions “transcendantes”… »

Pour ma part, j’ose croire que si nous participons à faire de ce débat non pas le lieu des anathèmes réciproques, mais celui d’un approfondissement de la conscience que nous avons de nos responsabilités mutuelles, alors, comme chrétiens, nous aurons permis que s’approche le Royaume de Dieu, et nous en aurons ouvert la porte. C’est là, au cœur des questions vitales, dans l’expérience contrastée de l’importance et des limites de notre engagement personnel, que les humaines peuvent entrevoir la présence de celui qui est « la vérité, le chemin et la vie ». Car le vrai miracle, ce n’est pas, pour en revenir au début de ma lettre, cher Thomas, une guérison inexplicable – rappelle-toi que Jésus intime souvent à ceux qu’il guérit de n’en rien dire à personne – mais l’expérience de la vie qui grandit quand la fraternité s’approfondit.

Sans doute, tout cela ne dit-il pas, cher Thomas, de quelle loi nous avons besoin pour la fin de la vie, mais tu auras compris, j’espère que, quelle que soit la loi, nous nous sentirons convoqués par ses imperfections, à découvrir comment comprendre ce qui se joue dans ce moment où les forces d’un homme ou d’une femme déclinent fortement. Là encore, ne sortons pas trop vite « Dieu » comme une réponse, essayons plutôt de découvrir ce que nous apprend de lui ce défi que la vie nous adresse au moment où elle semble s’effacer. Quels que soient les choix qui sont faits par les hommes et les sociétés, c’est toujours à l’endroit où l’humain expérimente sa finitude, son inachèvement, l’écart qui demeure entre ce qu’il met en œuvre et la plénitude de la vocation humaine, que les chrétiens sont invités à témoigner que c’est là qu’il convient de faire l’expérience de l’amour. Alors nous pouvons entrevoir que celui-là seul parachève ce à quoi l’indispensable justice nous convoque. C’est ici que l’on peut comprendre le par-don, ce don qui va au-delà de la réciprocité, de la rétribution, du mérite, qui accomplit toute justice librement et gratuitement…

À bientôt, cher Thomas

Ton ami, Desiderius Erasme

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Published by Desiderius Erasme
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commentaires

otschapovski danièle 27/01/2011 17:52


L'interprétation donnée pour l'arbre de la connaissance ,
"Aimer mal" est certainement bien raisonné, mais encore une fois dit dans un contexte intellectuel ceci dit voila un texte qui résume mieux l'idée que se font les gens ordinaires si je puis
m'exprimer ainsi" de cet arbre"
Les "Croquants" ça les attristent, les désolent qu'un file une fille belle comme cela s'abandonne , au premier ostrogoth venu "les croquants ça tombe des nues.(Brassens)

Et pas un seul instant ils ne puissent penser aux souffrances de Jésus et à la flagellation de celui ci pour apaiser leurs souffrances , comme également lorsque ils perdent un être cher
principalement un enfant ils en ressentent une injustice flagrante et accuse Dieu
ceci me rappelle une histoire un individu arrive au paradis et rencontre Dieu (allégorie)
et il Lui reproche la solitude qu'il avait éprouvée dans les moments douloureux de sa vie , et Dieu lui dit

"regarde en bas, tu vois le chemin? oui lui répond l'homme
"Et bien tu vois là ou il y a le cheminement de deux personnes , c'est lorsque c'était parfait pour toi et je t'accompagnais

"ET l'autre chemin " ou le cheminement " est seul "? oui répond l'homme
et bien, c'est lorsque je te portais dans ces moments difficiles
Le monsieur en bonne santé que j'ai vu hier dans une émission qui disait qu'il réclamerait l'euthanasie si il avait à supporter une maladie qui le mettrait en état de légume ne peut savoir au
moment "de fin de vie" si il en aurait encore envie
Je m'excuse de la forme que prend cette lettre à Thomas mais encore une fois je vis avec le" commun des mortels"
et ma fille s'est donné pour mission" L'éveil à la Foi" chez les jeunes gens et elle sera confrontée aux mêmes problèmes bien à vous Mr de Cluzet danièle


Yves Le Touzé 26/01/2011 22:00


Le vote négatif du Sénat vient de refouler ce mardi – pour combien de temps ? – la nouvelle offensive des tenants de l’euthanasie active. Les difficiles questions qui se posent au moment ultime de
la fin de vie n’en demeurent pas moins d’actualité. Merci donc aux partenaires de ce blog de leurs contributions, auxquelles je joins les quelques réflexions qui suivent.
Je n’ai pas connu personnellement de situations extrêmes de fin de vie, mes parents étant morts paisiblement à un âge avancé. Un respect infini m’impose donc d’accueillir dans le silence
l’indicible qu’ont vécu ou que vivent des frères et des sœurs en humanité et que je n’ai pas vécu moi-même. Car toute douleur appelle la compassion, comme le dit Jacqueline. Mais je dois aussi me
laisser interroger, au regard de l’éthique et de la foi, par les possibilités de choisir son mode de sortie de l’existence qu’offre l’évolution des mentalités et, dans plusieurs pays environnants,
l’accommodement de la loi à celles-ci. Sans pour autant me donner le droit de juger quiconque a fait tel ou tel choix, puisque ce choix est le sien.
1) Présenter le recours à l’euthanasie ‘active’ comme dicté par l’amour dù au patient, est une mauvaise réponse à une bonne question.

Bonne question parce qu’elle souligne l’insuffisance de prise en charge dont souffrent encore trop de patients en fin de vie dans notre pays.
Mauvaise réponse pour plusieurs raisons, dont la première est qu’elle fait d’un droit individuel un absolu, en ne reconnaissant comme concerné par la décision que le patient lui-même, sans prendre
en compte l’implication des proches, des médecins et du personnel soignant, et de la société entière dans une décision qui entraîne des conséquences pour chacun (par exemple le changement qui
ferait du médecin un donneur de mort) et pour le bien commun de tous, menacé par les dérives prévisibles de la pratique.
Mauvaise raison surtout parce qu’elle repose sur une conception dévoyée de l’amour du prochain : l’expérience humaine, par exemple celle des parents, ne nous dit-elle pas qu’éviter à un enfant,
même à sa demande, tout obstacle à affronter, c’est l’empêcher de grandir ? or nous sommes aujourd’hui de plus en plus piégés par la technologie qui apporte des solutions à un nombre croissant de
problèmes de notre vie et nous déshumanise en nous mécanisant : les outils font en quelque sorte partie de nous-mêmes (qui ne s’est senti dépossédé de son moi devant une panne d’ordinateur ou de
frigo ?). L’euthanasie m’apparaît comme le terme ultime de cette domination de la technique sur l’humain. Nous y étions sans doute préparés par la remise entre les mains du corps médical et
pharmaceutique de nos problèmes de santé (plus en France qu’en Allemagne ou en Angleterre, paraît-il), qui est déjà une forme de transfert de nos responsabilités d’hommes à des compétences
techniques extérieures à nous. Compétences d’ailleurs limitée chez certains à une connaissance vague de la loi Leonetti et des unités de soins palliatifs dont la mise en place est ainsi freinée au
détriment des patients en fin de vie.
2) Ce que nous apprend l’expérience humaine sur le véritable amour, soucieux de faire grandir l’autre, la foi nous permet de l’approfondir à partir des récits bibliques. Ceux-ci nous montrent que
Dieu ne se substitue pas à l’homme pour résoudre ses problèmes à sa place, mais fait beaucoup plus en venant, par amour, partager notre condition humaine, avec ses incertitudes, ses tâtonnements et
ses faiblesses, dans le respect total des libertés et des responsabilités.
La Genèse place le couple humain, archétype de toute l’humanité, devant l’interdit de manger de ‘’l’arbre de la connaissance du bien et du mal’’. J’aime particulièrement l’interprétation qu’en
donne Marie Balmary (psychanalyste qui, à la suite de Françoise Dolto, a rénové la lecture des textes bibliques) : ce qui est désigné par cet interdit (je résume) est, selon le sens hébraïque du
mot ‘’connaissance’’, un ’’aimer mal’’ opposé à un ’’aimer bien’’. Il y a donc une mauvaise façon d’aimer, possessive et dévoratrice, et une bonne façon, où chacun est au service de la croissance
de l’autre, tous ensemble assumant la responsabilité de la création. L’une est vers la vie, l’autre vers la mort. Exemple : pour quelqu’un qui est aux commandes d’un secteur technologique de
pointe, qu’est-ce qu’aimer ‘bien’ sinon soumettre l’avancée technologique au progrès humain (en prenant les moyens d’éclairer sa recherche), et non pas se servir de l’homme pour sa réussite
personnelle ou celle de son projet ? L’important à souligner est que l’interdit ne procède pas d’un ukase divin tombant sur l’homme, mais d’une loi de vie et de croissance inhérente à la condition
humaine.
Une autre idée fausse avancée par les tenants de l’euthanasie est que la dégradation physique et mentale d’un être humain aboutit à une perte de sa dignité. Trois images me viennent, celle du
Serviteur souffrant d’Isaïe, 53 ; celle de Jésus en croix, subissant le supplice des esclaves, c'est-à-dire des sous-hommes ; et celle de Jean-Paul II, défiguré par la maladie de Parkinson et
s’exposant néanmoins aux regards des foules (c’est peut-être cela le miracle d’amour de sa vie). Cette dignité-là, qui est surhumaine, n’est peut-être pas celle dont nous aurons à témoigner, mais
quelle que soit notre fin, personne n’aura le droit de nous dénier la dignité fondamentale d’être un homme ou une femme appelés à être divinisés en Jésus-Christ.


otschapovski danièle 25/01/2011 17:48


voici donc le problème "Un Dieu qu'ils ne reconnaissent pas"cependant devant la mort un réflexe vient et après le doute je pense que le réflexe sera de se recommander à un être supérieur
j,ai cependant vu des personnes âgées recevoir l'extrême onction et ressuscitées quelques jours ,mais l'angoisse avait disparue à l'approche de la mort

Mais vient après celui qui souffre, qui est arrivé au stade où la souffrance devient intolérable et cet ancien ministre qui déclarait sur les ondes que l'on devrait dans ces cas donnait de la
morphine en dose de plus en plus forte pour mourir en paix
Je parle encore une fois en expérience puisque j'ai travaillé garde malade chez des personnes en fin de vie
D'ailleurs je suis croyante et ma foi ce que je sais c'est que l'on a pas le droit de se donner la mort , le suicide est interdit pour des raisons que nous savons parce que nous sommes ""éduqués"""
dans ce sens , mais en temps de guerre on ne demande pas l'avis du combattant et la peine de mort par électrocution ou par autre moyen radical fait passer la personne concernée de la vie à la mort
sans qu'il puisse comme l'on dit simplement faire sa vie à l'envers la rétrospection , il ne peut dormir en paix

de toutes façons le débat est clos et refusé mais j'espère que l'avis de ce ministre sera retenu , car en France il parait que l'on laisse mourir les gens dans la souffrance?
Jésus n'a jamais demandé de telles souffrances
pur les questions de sainteté ,je ne me crois pas habilité à juger d'ailleurs je dois vous avouer que je ne suis pas endoctrinée j'agis en mon âme et conscience , sachant que chaque faute chaque
cause à un effet boomerang, et la loi du Talion, est à éviter
je vis avec des personnes qui sont non seulement laïques mais athées , c'est parfois difficile c'est pour cela que je me suis inscrite sur ce blog bien à vous danièle


Bernard SEGALEN 24/01/2011 15:02


Merci infiniment, Cher Desiderius Erasmus, pour cette longue réflexion! Le levain dans la pâte humaine est parfaitement éclairé par cette analyse courageuse de ce que devrait être notre "posture"
dans les questions qui se posent à notre humanité, qu'elle soit chrétienne ou qu'elle ne le soit pas. Chapeau bas!

Bernard Segalen


Jacqueline Viltard 22/01/2011 18:15


Pourquoi ce blog peut-il paraître si important ?
En mon nom, je répondrai que c’est parce qu’il n’est pas du prêt à penser dans un espace clos, uniquement religieux.
C’est au contraire parce qu’il invite chaque lecteur, inséré dans notre société à devenir un peu plus citoyen.
Ce monde, nous avons à y œuvrer, chacun avec notre propre charisme.
Dans ce souci de nous et des autres, parce que nous sommes responsables solidairement, comment ignorer que nos actes comptent et nos paroles ? Oui, c’est vrai que si nous avons été créés libres,
nous avons à faire des choix tout au cours de notre vie.

En ce qui concerne la fin de vie, je m’aperçois que bien souvent, des malades très atteints reçoivent des anti-douleurs leur permettant de moins souffrir.
Ce n’est pas du point de vue de la croyante que je suis que je me situe, simplement du point de vue de la prudence pour que la personne qui ne souhaite pas abréger sa vie, quand bien même, elle
souffrirait beaucoup voit son désir respecté.
Que ce soit sa décision qui prévale plus que des pressions d’autres personnes, « bien intentionnées ».
Pardon de parler ici de façon si personnelle, puisque je vais parler de notre fille qui est restée huit jours dans le coma avant de mourir. C’est simplement pour dire combien j’ai été
reconnaissante à cette équipe médicale qui lui a prodigué tous les soins dont elle avait besoin, pendant ces jours, même si sa mort était inéluctable.
Ces jours, j’ai eu l’impression qu’ils m’avaient été donnés, qu’ils nous avaient été donnés pour nous permettre de l’accompagner et d’accepter l’inéluctable
C’est de compassion dont nous avons besoin, dont notre société a besoin.
Et la loi Léonetti est une bonne loi.
Mais il n’est pas question pour moi ici de condamner quiconque prendrait une autre décision, si elle est la sienne propre.


Desiderius Erasme 23/01/2011 09:13



Chère Jacqueline,


merci de ce commentaire généreux et si personnel. Comme vous avez raison: nous avons tous besoin de faire l'expérience de la sollicitude mutuelle, de nous accompagner les uns les autres avec
bienveillance.


 



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