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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:55

Encore et toujours revenir à la Pâque du Christ

Actes 13, 26-33 ; Jean 14, 1-6

Pour poursuivre notre méditation du temps pascal, il nous est proposé ce matin de revenir, dans l’évangile de Jean, « à l’heure où Jésus passait de ce monde à son père », c’est-à-dire de nous situer de nouveau dans la perspective de la Pâque de Jésus, qui dit à ses disciples : « Je pars ». 

« Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » La foi qu’ils ont héritée de leurs pères n’est pas en question, mais c’est en s’appuyant sur elle que Jésus leur demande de croire en lui.  Car c’est bien cela qui va être mis à l’épreuve de la Passion. Il n’est pas dit que la mort de celui qu’ils avaient regardé comme le Messie pousse les Douze à rejeter Dieu, à abandonner la religion dans laquelle ils ont grandi. En revanche, ils vont douter de la personne de Jésus et de sa résurrection. C’est bien là le passage névralgique de la foi chrétienne.

Quand Paul s’adresse aux juifs d’Antioche de Pisidie, il leur propose le même parcours : il part de leur appartenance à la race d’Abraham, et de leur amour de Dieu, pour leur faire connaître Jésus et leur annoncer sa Pâque. C’est dans la mort et la résurrection de Jésus, dit Paul, que « s’accomplit entièrement la promesse faite à nos pères ».

Voilà le parcours. « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin », dit encore Jésus. « Où je m’en vais » ? Vers le Père, vers Dieu en qui les Douze croient. Mais encore faut-il imaginer qu’il est possible de le rejoindre. Dieu est tellement « autre » qu’il semble inaccessible. Telle est la réaction de Thomas, pour qui c’est tout simplement impensable : « Nous ne savons même pas où tu vas. » C’est ce même Thomas qui ne voudra pas se contenter du seul témoignage de ses frères, au lendemain de Pâques.

Engendrement

La réponse de Jésus, « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie, personne ne va au Père sans passer par moi », nous propose – à nous qui n’avons que le témoignage de ceux qui nous ont précédés dans la foi – d’engager notre vie dans ce passage, de prendre acte de cet accomplissement dont parle Paul. La traversée accomplie par Jésus, l’ouverture qu’il instaure vers le Père peut être à la fois le lieu et le mode de notre vie. Une manière d’entendre pour nous même la parole du psaume 2, proclamé lors du baptême du Nazaréen : « Tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré. »

Voulons-nous entrer dans cet engendrement ? Voulons-nous, non pas fuir notre humanité dans une religion « hors sol », de pur rite, d’une spiritualité évanescente[1], mais chercher comment dans notre vie présente, dans nos responsabilités humaines y compris les plus ordinaires, s’incarne ce passage, cette Pâque – notre Pâque à la suite du Christ – ? Il en va de notre rencontre avec Dieu.

D.E.



[1] A coup sûr le réel reviendra violemment, selon le vieil adage, si parlant aujourd’hui : « qui veut faire l’ange fait la bête ».

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Published by Desiderius Erasme
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