Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 08:31

Je voudrais saluer ce matin le geste accompli mardi soir, 7 février, à Rome, dans l’église Saint-Ignace, à l’occasion du colloque organisé à l’Université grégorienne sur les abus sexuels dans l’Église. Pour la première fois, une démarche pénitentielle spécifique a été organisée. Il ne s’agit plus d’une simple demande de pardon « verbale », mais d’un acte profond d’humilité, par laquelle l’Église, à travers ses responsables, reconnaît sa part de culpabilité, notamment par le silence dont elle a trop longtemps entouré ces affaires, et parfois même par la dissimulation. À juste titre, elle ne demande pas pardon pour les actes de pédophilie eux-mêmes, qui relèvent de la culpabilité de ceux qui les ont commis. Et naturellement, cette démarche pénitentielle n’exonère personne de l’exigence de justice qui doit être satisfaite.

Cela peut sembler peu de chose, pourtant c’est très important, puisqu’il s’agit de reconnaître devant Dieu, comme devant les hommes, les fautes qui ont été commises, la Parole qui a été trahie. C’est se rendre disponible à une vraie conversion, et se préparer à une réparation. Naturellement toutes les conséquences de ce geste doivent être tirées, de façon en ne pas encourir le reproche que l’on lit dans l’Écriture « ce peuple m’honore des lèvres… ». Mais cela peut-être un véritable point de départ et point d’appui pour revenir vers une attitude qui non seulement soit juste, mais puisse ensuite être source de vie, alors que l’on a trop longtemps fermé les yeux devant des situations qui sont de véritables meurtres de l’âme. Ce qui se joue, c’est ce que nous disons en conclusion du Notre Père : « Délivre-nous du mal ». Cet acte de pénitence est une étape pour que nous soyons libérés des liens dans lesquels le mal commis nous enserre, afin que nous puissions de nouveau être porteurs de la Parole libératrice.

Comprenons que cette démarche nous concerne tous : nous partageons la responsabilité, non pas des actes eux-mêmes, mais du silence et de l’indifférence qui ont trop souvent entouré ces situations.

Desiderius Erasme

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Court 09/02/2012 11:07

Hier en soirée sur Fance 2 un jeune homme a raconté ses difficultés psych dues à un secret qu'il avait enfoui et oublié mais qui restait très vivant dans son inconscient. Il avait subit les
préjudices d'actes de pédophilie. Il ne s'agissait pas d'un prêtre mais pour le jeune le préjudice reste à vie... Je crois très fort que les prêtres se rendent souvent mal compte de la destruction
qu'un tel acte peut exercer sur les victimes. Vous-même parlez de "mal" formule abstraite, de l'Eglise au lieu, de regarder les vies des jeunes détruites par des actes pédophiles.. Ce n'est pas
pour rien que ce acte porte le statut de crime, c'est un véritable assassinat spirituel. Le jene d'hier n'a plus le gout de se marier et consacre sa vie a essayer de remettre un peu sur pied les
victimes de tout ces pédophiles. Fraternellement.

Desiderius Erasme 09/02/2012 15:58



J'avais employé à dessein l'expression de certains psychanalystes qui parlent de "meurtre de l'âme", pour dire à quel point la psyché peut être atteinte sinon détruite par des actes qui viennent
de ceux-là même en qui un enfant ou un jeune met sa confiance. Cela vaut évidemment également pour l'inceste, qui n'est malheureusement pas si rare et que la société a pendant très longtemps
refusé de regarder en face.


DE



onfray ménez claudine 09/02/2012 10:28

oui on peut se réjouir
mais face au monde c'est un tout petit pas et pas le plus important peut-être....

la pédophilie n'atteint pas que l'Eglise
elle fut tue , cachée, minimisée....
l'Eglise, la société avance et c'est bien

MAIS l'Eglise au plus haut rang ne peut à mon sens ( de médecin, de gynécologue, de femme, de mère, de catholique engagée) ne peut se suffire d'un acte de pénitence fort , d'un désir profond que
jamais plus...

elle ne peut continuer à condamner sans beaucoup de miséricorde....( ceux qui n'ont pas une vie parfaite, mais qui sont loin d'avoir détruit la vie d'autres jeunes)

il est grand temps qu'elle dise au monde entier son caractère humain tout simplement, qu'elle se mette non au dessus mais avec le monde pour que l'humanité vive de l'Evangile au quotidien.

si elle ne fait pas ce pas elle n'empêchera pas sa non crédibilité .......les gens continueront à partir.....

mais je crains que si la pénitence est envisageable pour elle , une remise en question en profondeur de l'institution lui soit impossible.....

mais je suis encore de celle qui y croit un peu
mais pour cela la chasse aux sorciers ne sert pas à grand chose......il faut affronter les causes , les vraies
accepter que des tiers apportent leurs idées dans ce domaine...

que l'Esprit aide l'Eglise et réconforte ceux et celles qui ont soufferts : victimes et prédateurs

DR Claudine Onfray

Desiderius Erasme 09/02/2012 15:54



Chère Claudine,


j'entends vos remarques et les comprends. Je dirais simplement que faire pénitence est un indispensable premier pas.


DE



René de Sévérac 09/02/2012 10:03

C'est un problème inhérent à la société chrétienne.
Pas spécifique à l'Eglise.
Battre sa couple sans cesse : pour le commerce négrier(*), pour la colonisation (qui a ruiné la France), pour les prêtres un peu trop câlin (et les profs, ...), pour le fait de considérer que la
civilisation chrétienne n'est pas égale aux sociétés anthropophages, entre autres.

Je parie que je ne vous ai pas amusé.

(*) aujourd'hui, ils font l'effort de financer le voyage !

Desiderius Erasme 09/02/2012 15:53



De fait, ce n'est pas drôle. Et je ne pense pas que ceux qui ont voulu cette célébration à Rome partagent votre point de vue.



Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens