Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 08:50

Aime et fais ce que tu veux

Actes 15, 22-31 ; Jean 15, 12-17

Jésus énonce son commandement. Ce ne sont plus les six cent treize commandements des Écritures, ni même les dix paroles du Pentateuque, mais un seul commandement, une seule parole, où le nom de Dieu n’apparaît même pas : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Avec un court commentaire : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

 Voilà qui fait chaud au cœur, mais essayons cependant de ne pas céder à l’émotion facile, et examinons ce que Jésus donne comme indication pour comprendre ce qu’il entend par « comme je vous ai aimés ».

Dans ce bref passage, Jésus donne trois exemples de sa manière de se comporter.

« Je ne vous appelle plus serviteur, mais amis ». Cela exclut toute relation de domination ou d’exploitation, mais une égale dignité, une reconnaissance, et aussi une joie dans la relation. Après la résurrection, Jésus ira plus loin encore en parlant des disciples comme de ses frères !

« Tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Cette égale dignité repose sur le partage du plus intime, de la connaissance la plus profonde de la vie, qui est le don du Père. Aimer quelqu’un, c’est lui faire don de ce que nous reconnaissons comme la source même de la vie.

« Je vous ai choisis et établis pour que vous partiez et donnez du fruit et que votre fruit demeure. »  Ce « pour que vous partiez » peut paraître étonnant. Instinctivement, nous souhaitons garder près de nous ceux que nous aimons… Jésus, pour sa part, donne l’assurance (« je vous ai établis ») qui permet l’autonomie, condition d’une fécondité personnelle durable (« pour que vous partiez et donnez du fruit et que votre fruit demeure »). C’est un amour qui rend libre et responsable, qui donne du champ.

Voilà ce que nous sommes invités à imiter, avec une promesse à la clé : dans cette dynamique nous pouvons tout obtenir du Père : « Tout ce que vous demanderez au Père, il vous l’accordera ». C’est une manière non pas de nous inviter à tirer les sonnettes du ciel pour résoudre tel ou tel de nos problèmes, mais à considérer qu’agir ainsi, c’est entrer dans l’accomplissement de l’œuvre même du Dieu.

Le message aux « frères »

Dans cette perspective, la suite de l’Assemblée de Jérusalem est instructive. Il est décidé d’envoyer à Antioche, un message. Il est adressé, non pas à tous, mais aux païens convertis que certains juifs voulaient tenir à l’écart du salut s’ils ne devenaient pas comme eux, circoncis (façon de dire : je te reconnais, à condition que tu sois comme moi !). La lettre commence par désigner ces païens convertis non circoncis comme des étant « frères » à part entière –égale dignité dans la différence. Elle leur transmet ensuite une parole de vie et de liberté, sur la rupture avec l’idolâtrie et la dignité du comportement. Elle comporte enfin un envoi qui invite les destinataires à prendre pleinement leurs responsabilités : « Vous agirez bien, courage. » C’est exactement la dynamique proposée par Jésus.

A chacun de nous de faire de même. Augustin ne disait-il pas : « Aime et fais ce que tu veux » ?

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens