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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 09:52

Avec Buxtehude et Henri Ledroit

Une métaphore féconde

1 Corinthiens 15, 35-37. 42-49 ; Luc 8, 4-15

La liturgie nous donne à lire ce matin la parabole du semeur et son explication dans l’évangile de Luc. C’est un de ces textes que nous connaissons presque par cœur, et qu’il nous est difficile d’entendre d’une manière nouvelle, tant nous avons entendu ou lu de commentaires à ce sujet. Mais la liturgie nous propose simultanément de poursuivre la lecture de la Première lettre de Paul aux Corinthiens. Or Paul, pour faire comprendre à ses lecteurs que la résurrection n’est pas une sorte de retour en arrière qui ramènerait celui qui est mort à sa vie antérieure prend l’image de la semence. C’est une image que Jésus utilise aussi, presque sur le même registre lorsqu’il dit que si le grain ne meurt, il ne porte pas de fruit…

Commençons par Paul, donc. Pour considérer le fait que nous mourons – j’allais écrire pour envisager, pour donner un visage à notre mort – Paul prend donc cette image de la graine jetée en terre, qui meurt pour donner naissance à une plante nouvelle, à la fois issue de la graine, mais en même temps fort différente. La résurrection est une transformation, on pourrait dire pour conserver la métaphore de Paul, une éclosion. Celui qui est « semé dans la corruptibilité ressuscite dans l’incorruptibilité », à « la misère » succède « la gloire » et  à « la faiblesse » «  la puissance »… Mais cette gloire et cette puissance ne sont pas celles que nous connaissons, celles qui prévalent dans nos rapports humains, sociaux et politiques ordinaires… Paul parle en effet d’un corps « régi par l’Esprit » (traduction littérale) qui n’est plus simplement un corps « régi par soi-même »… Ainsi, celui qui est ressuscité ne s’appartient plus, il est entré dans une autre dimension où il est conduit, animé de l’intérieur par l’Esprit, c'est-à-dire par le mouvement d’amour même qui émane du Père, et qui le fait devenir pleinement lui-même…

Nous ne pouvons que pressentir ce que Paul esquisse ainsi. Puisque c’est une réalité que nous ne pouvons posséder par nous-mêmes. Gardons-nous de vouloir trop la fixer par des images ou de fausses certitudes. Restons humbles à ce sujet, et comprenons que certains puissent se sentir totalement étranger à nos discours à ce sujet. Ce n’est pas une chose que nous pouvons imposer…

Le grain, c’est aussi le Christ

Ceci nous ramène vers la parabole. Jésus explique à ses disciples que le grain, c’est la Parole. Cela n’enlève rien au fait que pour porter du fruit, le grain meurt en terre, pour que la vie resurgisse dans une plante nouvelle. La Parole, c’est à la fois ce que nous lisons dans l’Écriture, la Parole que nous recevons de l’Église et de nos frères. Mais c’est aussi le Christ lui-même, qui meurt sur la croix et ressuscite.

Tout le commentaire de Jésus sur la parabole du semeur consiste à dire que le fruit porté par la Parole dépend de l’accueil qui lui est fait, et de la constance de ceux qui la reçoivent. Ainsi voyons-nous se dessiner la responsabilité qui nous incombe, à l’égard même de la résurrection. Elle ne nous appartient pas, naturellement. Cependant, son déploiement est lié à l’accueil que nous lui faisons.

Car ce qui est en jeu, c’est bien plus qu’une conduite renouvelée, bien plus qu’une morale juste et dynamique, c’est la résurrection elle-même. Il ne s’agit pas d’y croire comme à quelque chose qui adviendrait indépendamment de nous. Il s’agit de comprendre que cette fois nous engage…  Même si les disciples ont eu de mal à croire, c’est bien par eux que la résurrection nous a été annoncée.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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