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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 08:24

Notre Dieu n’est jamais lointain ni indifférent

Osée 8, 4-7. 11-13 ;  Matthieu 9, 32-38

« Qu’ils retournent donc en Égypte ! » Il y a des jours, comme aujourd’hui, dans la bouche d’Amos, où la parole de Dieu claque comme une gifle. Des jours où l’on se dit que l’homme – nous-mêmes – a l’étonnante capacité de pousser à bout son Créateur qui a le sentiment de n’en pouvoir mais. Des parents peuvent comprendre cela : il arrive parfois qu’un fils ou une fille pour qui l’on a le sentiment d’avoir tout fait s’enferre dans une voie où il ou elle se fait mal.

Amos nous dit ainsi que Dieu semble éprouver du désarroi devant l’infidélité des hommes. Devant l’hypocrisie aussi de certaines attitudes religieuses : « Ils offrent des sacrifices pour me plaire et ils en mangent la viande, mais le Seigneur n’y prend pas plaisir. Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes. »

Cette déconvenue de Dieu, cette tristesse, est émouvante. Elle exprime, si l’on peut dire, « l’humanité de Dieu », sa proximité, sa ressemblance, comme le suggère la Genèse, son cœur sensible. Dieu n’est pas simplement un Grand Tout lointain, mais il a quelque chose d’une personne, qui se préoccupe de l’autre que nous sommes à son égard.

On trouve cela en Jésus, dans le passage que nous lisons aujourd’hui dans l’évangile de Matthieu. Il guérit les hommes qu’on lui présente et certains, de manière incompréhensible, le rejettent en l’accusant de faire le mal. Mais lui voit le désarroi des foules : « Il eut pitié d’elles, parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. »

L’exaspération exprimée par le prophète, ou la compassion dont témoignent Jésus nous disent l’une et l’autre, que Dieu n’est pas indifférent. Jamais.

Le comprendre peut nous ouvrir le cœur, nous ouvrir le regard, nous aider à nous mettre nous même dans la disposition qui est la sienne. Alors nous pourrons entrer dans le mouvement qui est le sien.

Le sens de la moisson

On peut s’étonner de ce que propose Jésus à ces disciples. Devant le désarroi des foules, il ne leur demande pas d’abord de combler les manques et de panser les plaies… Il ne leur propose pas, contrairement à ce que l’on imagine souvent en utilisant ce texte comme une sorte de réponse à la crise des vocations, de devenir des prêtres ou d’appeler des gens à devenir prêtres.

Il commence par leur suggérer un regard sur la situation : ces foules harassées, Jésus les voit comme une moisson, comme un fruit à récolter qui va lui-même devenir nourriture. La moisson, n’est pas faite en effet pour demeurer en vitrine. Le grain sera moulu, et la farine deviendra du pain qui sera partagé… N’est-ce pas ce que Jésus lui-même vivra, se faisant nourriture pour le monde. Les disciples sont donc invités à demander au « maître de la moisson », d’initier le mouvement, en envoyant des ouvriers pour la moisson – qui seront-ils ? Jésus ne le dit pas –, afin que les hommes découvrent que c’est en se donnant les uns aux autres que la vie prend sens et grandit. Ainsi auront-ils alors le cœur à l’image et à la ressemblance même de celui de Dieu.

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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