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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 07:39

Sonate n°1 en Fa majeur, de Beethoven, par Rudolph Serkin et Pablo Casals

La miséricorde n’est pas la complaisance

1 Corinthiens 5, 1-8 ; Luc 6, 6-11

Voilà, avec le passage de la première lettre aux Corinthiens que nous lisons aujourd’hui un de ces textes qui nous laisse avec un malaise. Le langage virulent de Paul – « vous livrerez cet individu au pouvoir de Satan, et son être de chair sera détruit » –, la manière dont il parle de jugement, avec une raideur assumée, ne nous est pas agréable. Mais à vrai dire, la situation qu’il décrit non plus. C’est contre une forme d’inceste que Paul se dresse, et l’inceste est un des tabous fondateur des communautés humaines. C’est pourquoi d’ailleurs l’apôtre précise que la situation qu’il condamne ne serait pas supportée par les païens. Avec l’inceste, et la confusion des générations, c’est en fait la transmission de la vie qui est en cause.

On peut être étonné de voir Paul réagir ainsi, lui qui n’a cessé de dire que ce n’était pas la Loi, mais la foi, qui sauve. En réalité, Paul n’a jamais pensé que la foi dispensait l’homme des exigences éthiques fondamentales que contient la Loi, mais que seule la foi permettait d’y accéder.

On retrouve bien cela dans le texte que nous lisons : Paul se place dans la lumière du Christ, et réaffirme que celui-ci est l’agneau pascal : il a donné sa vie pour nous, et notre vie peut dès lors en être transformée. C’est dans le Christ, et dans le sacrifice eucharistique, que nous pouvons recevoir la force qui nous fait défaut pour vivre dans la plénitude de la vérité.

Paul s’insurge contre la contradiction que représente la situation qu’il dénonce. Peut-on à la fois proclamer qu’on est libéré par le Christ, et s’accommoder d’une forme d’asservissement psychique aussi terrible. Ce n’est pas au refus de la miséricorde que Paul appelle, mais à la vérité. Ce qu’il dénonce, c’est la complaisance qui ne délivre pas.

La liturgie nous propose de lire, parallèlement à Paul, un passage de Luc qui raconte que Jésus guérit un homme à la main paralysé le jour du shabbat. Au cœur de la péricope, une question fondamentale : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? »

Le sens de la loi

Jésus n’abolit pas la loi : il lui donne son sens, son orientation. C’est à la lumière de ce qui est porteur de vie, de ce qui fait un véritable bien, que la loi peut-être mise en œuvre. Remarquons que c’est le souci de Paul, au sujet de celui dont il condamne la conduite : « C'est pour que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur », écrit-il.

Que ce critère,  « sauver la vie », soit celui qui nous guide, tandis que nous nous efforçons de vivre en hommes et femmes libérés par le Christ.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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