Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:31

La présence accomplie du Père

1 Pierre, 10-16 ; Marc 10, 28-31

Jésus avait répondu à l’homme riche qui voulait hériter la vie éternelle : «Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, suis-moi. » Et Pierre de dire : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. » Dans cette déclaration, Jésus entend une question, peut-être une inquiétude. Que va-t-il advenir de nous ? Un peu comme Marie avait répondu à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire ? »

C’est une question que nous nous posons, nous aussi, au moment où il nous faut faire un pas de plus. Il y a de fait un risque, une part d’inconnu : l’avenir n’est pas écrit d’avance. Jésus répond à cette inquiétude : « Nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, au centuple, maisons, frères, sœurs, enfants et terres, et des persécutions, et dans l’à-venir la vie éternelle… » L’inconnu n’est pourtant pas totalement levé, puisqu’il faut croire celui qui dit cette parole.

De surcroît, si ce qui était quitté au singulier se retrouve au pluriel – maison, mère, terre – un peu comme Job avait retrouvé multiplié et embelli tout ce qu’il avait perdu dans l’épreuve, s’y ajoute « des persécutions ». Jésus ne cache pas l’adversité à laquelle doivent faire face ceux qui le suivent, puisque sa parole est source de remise en question… Enfin, un mot ne revient pas : celui de père. Comment comprendre cette absence, sinon parce que dans l’esprit de Jésus, il n’est qu’un seul Père, et qu’il ne nous quitte pas, qu’il ne fait jamais défaut. Il ne saurait être question de le retrouver, puisqu’il ne peut être perdu. En revanche, sa présence non pas multipliée mais accomplie s’exprime par le don de la vie éternelle.

C’est de cet accomplissement que Pierre entretient les destinataires de sa lettre. Il est remarquable de constater que le premier des apôtres le situe dans la suite de l’attente prophétique. C’est déjà l’Esprit du Christ qui parlait en eux, assure-t-il. La foi chrétienne s’enracine dans ce qui annonçait le Christ. Pierre invite donc à s’inscrire dans une longue tradition, tout à fait juive. D’ailleurs il reprend à son compte l’enseignement du livre du Lévitique : « Soyez saint, car je suis saint » en recommandant à ses lecteurs d’en faire leur ligne de conduite. N’oublions pas que le « je » qui parle ici, c’est le Père, toujours présent.

Pour l’action

Car il ne s’agit pas de rester béat, en se complaisant dans la chance que nous aurions d’être ceux à qui le mystère est révélé. « Préparez votre esprit pour l’action », écrit Pierre. Suivre le Christ, c’est agir en ce monde, selon l’Esprit de sainteté que nous avons reçu à la Pentecôte. « Mettez toute votre espérance dans la grâce que vous devez recevoir lorsque Jésus Christ se révélera. »

Certes, Pierre, en écrivant songeait à la venue du Christ dans sa gloire, et sa seconde lettre montrera que certains s’inquièteront du fait que le Jour du Seigneur tarde. Mais ne faut-il pas entendre l’injonction de Pierre aussi comme la disponibilité à accueillir Jésus tel qu’il se présente en l’autre, à travers ces multiples frères, mères, mais aussi maisons et terres – c'est-à-dire les réalités matérielles – qui nous sont déjà donnés pour nous engager avec eux dans l’action au service de la construction du Royaume dès aujourd’hui ?

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens