Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 08:04

 

L’annonce de l’Évangile a ses exigences

1 Corinthiens 9, 16-19. 22-27 Luc 6, 39-42

Quand Jésus  s’adresse à ses disciples – une foule nous dit Luc – pour leur demander si un aveugle peut guider un autre aveugle, il faut entendre en arrière-plan ce que l’on lit dans le prophète Isaïe : « Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas ». Jésus lui-même reprendra cette déploration. Ce n’est donc pas une parole en l’air, mais une interrogation sur ceux qui guident le peuple. La parabole sur la paille et la poutre vise d’abord ceux qui s’attachent à « corriger » le peuple en pointant ses fautes, ses erreurs, ses aveuglements. Mais ce que dit Jésus, ce n’est pas qu’ils sont illégitimes par définition, mais que s’ils veulent accomplir leur tâche, ils doivent se corriger, travailler sur eux-mêmes.

Mais dès lors que l’on devient disciple de Jésus, et que l’on peut être envoyé par lui pour porter la Bonne Nouvelle, cette même exigence s’impose. C’est parce que nous sommes responsables les uns des autres qu’elle s’impose, et non pour gagner pour nous-mêmes le « ciel ». Elle s’impose dans la logique de ce qui précède ce passage, dans la logique d’un amour qui ne s’adresse pas qu’à nos amis, mais va jusqu’à nos ennemis…

Cette exigence d’un travail sur soi, qui n’est pas une manière de se sauver soi-même, car cela, aucun d’entre nous ne le peut, mais ce que nous devons aux autres, si nous les aimons et si nous voulons leur transmettre l’Évangile, Paul en fait la démonstration aux Corinthiens en prenant la comparaison d’un athlète qui s’entraîne durement pour remporter une compétition.

Le premier point de cet entraînement, consiste à reconnaître que l’annonce de l’Évangile nous est confiée, c’est une charge que nous devons accomplir. Ne pas témoigner de la vie qui est donnée par Dieu en Jésus-Christ, c’est laisser le monde dans une ignorance qui le prive d’un bienfait qui lui est destiné. Voilà pourquoi Paul dit : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ».

Le second point, c’est que pour annoncer l’Évangile, il faut se faire « le serviteur de tous », il faut se faire « tout à tous ». Cette annonce ne peut se faire de l’extérieur, de loin. Il faut partager la vie de l’autre pour reconnaître avec lui la présence de Dieu et le don de la vie. Il ne suffit pas d’être généreux et d’aider, il faut, à l’exemple d’une Mère Teresa, épouser la condition de ceux auxquels on est envoyé.

Pas d’autre salut

Paul nous dit que c’est alors, et alors seulement, que nous bénéficions du salut, parce que c’est ainsi que nous en faisons l’expérience. C’est dans le don de notre vie que nous pourrons voir que la vie nous est redonnée en plénitude, exactement comme Jésus l’a vécu. Il n’est pas d’autre salut que celui-là.

Cela nous ramène au début de notre propos : comment se corriger soi-même, si l’on est aveugle, comme le dit Jésus ? La véritable « correction » ne consiste pas à rechercher d’abord un état de perfection, une forme de possession d’une vérité théorique impeccable, elle consiste à se faire le serviteur de tous : la vie – Dieu – se chargera bien de nous ouvrir les yeux sur ce que nous ne voyions pas.

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens