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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 09:59

Contempler le cœur de Dieu…

Ézéchiel 34, 11-16 ; Romains 5, 5b-11 ; Luc 15, 3-7

Nous fêtons aujourd’hui la fête du Sacré-Cœur de Jésus. C’est une fête, reconnaissons-le, passablement encombrée d’images et de représentations où le mauvais goût a fait florès, au point d’être un véritable obstacle à la foi.

Fort heureusement, les textes de la liturgie nous conduisent loin de ces cœurs sanguinolents et supposés palpitants qui contribuaient à cacher le mystère plutôt à le faire comprendre. Ézéchiel nous dit la sollicitude de Dieu pour ses enfants : « J’irais moi-même à la recherche de mes brebis et je veillerais sur elle… J’irais les délivrer… C’est moi qui ferais paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer… » C’est un amour prévenant, délicat, patient, résolu, que le prophète exprime. Après avoir lu ce texte, il n’est plus possible de prétendre, comme on l’entend encore trop souvent que le Dieu de l’Ancien Testament est vindicatif, vengeur, sévère, un Dieu de justice, mais pas d’amour. La vérité, c’est que le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob se montre ici avec des entrailles de mère…

Paul dans la lettre aux Romains invite ses lecteurs à prendre la mesure du don de Dieu en Jésus Christ. Tout d’abord, rappelle-t-il, par l’Esprit Saint, rien de moins que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs.  Cet amour est en nous, il nous suffit de lui laisser la possibilité de s’épanouir, de faire en nous ce qu’il veut. Mais avant même le don de l’Esprit, Jésus Christ est venu nous réconcilier avec Dieu. Qu’est-ce à dire ? Qu’il a payé nos dettes ? Disons plutôt qu’il est venu manifester que rien de ce par quoi nous nous séparions de Dieu, rien de cela n’était de nature à empêcher Dieu de nous rejoindre pour nous offrir son amour. Rien, pas même la mort. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », dit Jésus avant sa passion, dans l’évangile de Jean. Cependant, Jésus ne donne pas sa vie seulement pour ses proches, ses disciples, mais pour tous. Et peut-être d’abord pour ceux qui sont le plus loin de Dieu.

C’est ce que Jésus lui-même laisse entendre, dans la parabole de l’homme qui laisse ses quatre vingt-dix-neufs brebis dans le désert pour aller chercher celle qui est égarée. La sollicitude de Dieu va ainsi d’abord à celui qui est le plus loin.

Tibhérine

N’est-ce pas ce qui a touché les personnes qui ont vu au festival de Cannes, le film sur les moines de Tibhérine, « Des hommes et des Dieux ». Ces moines ont donné leur vie pour être avec ceux que le pouvoir, les institutions tiennent pour rien, et partager avec eux l’angoisse d’un pays déchiré. Ils l’ont aussi donnée pour les violents dont ils ont été les victimes. Ils ont été, dans leur chair, témoin de Dieu qui se donne totalement.

Si la fête du Sacré Cœur de Jésus a un sens, c’est sans doute celui de nous inviter, non pas à vénérer un organe périssable – ce qui est assez pornographique, à mes yeux –, mais à contempler la profondeur et la densité de l’amour de Dieu pour les hommes.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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