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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 08:36

Quand Jésus appelle à appeler…

1 Pierre 1-18-25 ; Marc 10, 32-45

La scène se passe à Jéricho. Jésus, qui a l’intention de se rendre à Jérusalem, sort de la ville, accompagné de ses disciples et d’une foule qui  semble pendue à ses lèvres, qui ne voudrait rien manquer de ce qu’il va dire ou faire. Sur le bord de la route, un mendiant aveugle. Un de ces hommes qui ne comptent pas, devant lesquels on passe avec indifférence. Il ne voit rien, mais il entend. Il comprend que passe celui qu’on nomme Jésus, dont on dit qu’il fait du bien, qu’il guérit les malades. Si jamais il pouvait faire quelque chose pour moi... Alors il tente sa chance : il crie, appelle Jésus.

La scène pourrait se borner à cela, pourtant, il y a un peu plus. Cet aveugle dont on a retenu le nom, Bartimée, nomme le rabbi qui passe d’une façon singulière : « Jésus, Fils de David ». Ce qui est une manière de dire qu’il le reconnaît comme le Messie, le sauveur annoncé, et pas simplement un thaumaturge parmi d’autres. Cet homme qui ne compte pas aux yeux des autres qui ne le voient même pas, cet homme voit intérieurement ce que les autres ne voient pas…

La preuve que les autres ne voient pas, c’est qu’ils veulent le faire taire. Plutôt que d’entendre ce qu’il leur révèle, ils lui intiment vivement de la boucler. Pensez, il va couvrir de sa voix les paroles de Jésus ! Ils ne voient pas, n’entendent pas, ne veulent pas entendre l’aveugle, parce qu’ils croient savoir ce qu’ils doivent entendre…

Jésus, lui, entend, et s’arrête. Là, c’est à nous de voir et d’entendre ce que fait, ce que dit Jésus. Jésus ne s’approche pas de Bartimée. Il ne commence pas par lui parler. C’est aux autres qu’il s’adresse : « Appelez-le ! » C’est eux qu’il commence par soigner, en faisant d’eux ses collaborateurs, ses envoyés auprès de Bartimée. Il les retourne, leur propose un début de conversion. Et aussitôt leur ton change : les voilà porteurs d’un message de confiance, l’aveugle est devenue une personne à qui l’on peut s’adresser avec chaleur. Et leurs mots ressemblent à ce que Jésus a dit maintes fois : « Lève-toi ! » C'est-à-dire : « Vis ! Reçois la vie qui t’es donnée, la vie qui t’appelle. »

Une instante invitation

Sur cette parole – parole de Jésus portée par les autres –, l’aveugle se dépouille de son manteau de mendiant, bondit et court vers Jésus… A-t-on souvent vu un aveugle courir ainsi ? Il est déjà en voie de guérison. Jésus n’a plus qu’à lui demander ce qu’il désire : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? Maître, que je voie ! » Et à proprement parler Jésus ne fait rien, il se contente de dire : « Va, ta foi t’as sauvé. ». Jésus annonce à l’aveugle que sa capacité de voir intérieurement, avec le cœur, ce que les autres ne voient pas lui ouvre les yeux. L’homme alors se met à voir.

Et les autres ? La parole que leur a adressée Jésus demeure : « Appelez-le ! » C’est une invitation pour chacun à appeler à la vie, à la foi, celui qui veut vivre. Une invitation à ouvrir ses yeux et ses oreilles pour voir et entendre, chez celui dont on se fait alors le prochain, le désir de vie, afin de lui permettre d’y accéder. C’est bien ce que dit Pierre dans sa lettre : « Vous aussi, soyez des pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint. » Cette instante invitation, c’est la marque même de l’amour de Dieu pour nous : voilà ce qui nous est confié. Saurons-nous nous laisser retourner à notre tour, pour permettre à tous les Bartimée qui sont sur notre chemin puissent se lever ?

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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