Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 07:09

Retrouver la liberté donnée par la Parole

Isaïe 61, 9-11 ;  Lc 2, 41-51

Hier, nous méditions sur l’amour de Dieu, à travers la fête du Cœur sacré de Jésus, ce matin nous célébrons le Cœur de Marie. J’avoue être un peu perplexe devant ces dénominations qui laissent penser que la foi s’apparente à une forme de sentimentalisme pieux. Encore une fois, c’est la Parole qui nous donne la vraie signification et la vraie densité de ce que nous célébrons.

Isaïe annonce le relèvement d’Israël, le peuple de Dieu. Mais ce relèvement n’est pas d’abord extérieur. Le prophète  fait parler Israël comme un personnage, il le présente comme une personnalité collective, qui dit sa joie de retrouver, par le don de Dieu, ce qu’il avait perdu. « Il m’a enveloppé du manteau de l’innocence, il m’a fait revêtir le vêtement du salut. » Ce qui est retrouvé, c’est l’innocence de celui qui vient de naître. Dieu délivre son peuple de ses fautes, des traces qu’elles ont laissées, des liens dans lesquelles elles emprisonnent l’avenir.

N’y a-t-il pas là de quoi tressaillir et exulter. Nous savons, notamment depuis Freud, combien le passé est parfois une prison mortelle. Isaïe nous annonce que par la foi, nous pouvons accueillir la justice de Dieu, et que celle-ci n’est pas une justice de condamnation, mais de libération. Oui, il y a de quoi rendre grâce, d’un cœur libre.

La tonalité de l’évangile de Luc peut sembler différente. Le texte a évidemment été choisi pour son dernier verset : « Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements ». Les événements en question, c’est la disparition de Jésus, à l’âge de 12 ans, alors qu’il venait de faire ce qui ressemble fort à la Bar-Mitsva, c'est-à-dire de célébrer sa majorité religieuse. Le nom de la fête est une indication : « Fils du commandement », c'est-à-dire « Fils de la loi de Dieu », ce qui peut encore être dit « Fils de la Parole ».

Jésus est resté à l’insu de ses parents, au Temple, où il s’entretient avec les docteurs de la Loi, c'est-à-dire que la Parole est alors sa nourriture : elle noue sa relation avec ses interlocuteurs.  Lorsqu’il répond à ses parents qui l’ont retrouvé «Ne saviez vous pas que je dois être chez mon Père ? » il prend au mot le fait que chaque Juif est invité à être « fils de l’Alliance », de la Parole donnée par Dieu à son peuple pour vivre. Il dit que la promesse doit être prise au sérieux. Et il fait preuve d’une liberté souveraine, qu’il trouve dans la Parole elle-même.

Marie « garde ces événements dans son cœur ». A travers elle, la liturgie nous invite à recevoir dans les événements, la trace, le signe du don de Dieu. Luc nous la montre voyant son fils commencer à accomplir la promesse qu’elle avait entendue. Cette promesse qui s’apparente à ce que nous lisons dans Isaïe.  

Comment accueillons-nous nous-mêmes les événements de notre vie ? Les recevons-nous à la lumière de la promesse de libération qui nous a été dites ? Quelle est la disposition de notre cœur ?

D.E.

Partager cet article

Repost 0
Published by Desiderius Erasme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Desiderius Erasme
  • Le blog de Desiderius Erasme
  • : Lire la Bible sans mourir idiot, intégriste ou ayatollah de la laïcité. Avec de l'humour, de l'esprit, de la curiosité, et sans préjugés...
  • Contact

Profil

  • Desiderius Erasme
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...
  • La liberté de l'Evangile est la plus belle chose que l'on puisse partager. Elle est à la fois critique et aimante, source de joie et soutien dans l'épreuve. Elle invite à toujours plus d'humanité...

Liens