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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:05

Qui veut connaître le sort d’Etienne ?

Actes 7, 51 – 8,1a ; Jean 6, 30-35

C’est toujours dans le temps pascal que nous lisons le récit du martyr d’Etienne. Dans le récit des Actes, peu de temps semble s’être écoulé depuis la résurrection et la Pentecôte. Et la promesse de bonheur que nous avons entendu à Pâques prend un tour bien étrange. Déjà Pierre et Jean avaient connu la prison et les coups, voilà qu’Etienne meurt ! Tout cela nous ramène aux Béatitudes, à cette étrange promesse de bonheur par laquelle Jésus, selon Matthieu, avait inauguré sa prédication. Ce bonheur n’est-il pas redoutable ?

Être chrétien, c’est donc cela ? Reconnaissons que nous avons peine à l’admettre. Reconnaissons que nous sommes pris à contrepied et que nous devons réviser notre manière d’envisager notre « religion ». Il semblerait que nous n’avons pas renoncé à attendre du Messie la « restauration d’Israël », c’est-à-dire la construction par le haut d’un ordre satisfaisant dans lequel nous pourrions nous couler, d’une société parfaite à laquelle nul ne devrait se soustraire. Nous ne sommes pas les seuls : on trouve dans l’islam des courants comparables, de même dans le judaïsme, mais aussi dans nos sociétés civiles. Mais il nous revient pour notre part de dire que toute nostalgie de la « chrétienté » n’est pas le chemin sur lequel le Christ nous appelle.

Le récit de la mort d’Etienne, si on le ne lit pas avec l’esprit distrait, est bouleversant. Nous avons devant nous un homme qui proclame sa fidélité à ce qu’il a reçu : l’Alliance ; un homme qui se livre entièrement entre les mains de celui qu’il a reconnu comme le fils de Dieu ; un homme qui prie pour ses persécuteurs. Etienne entre de plain pied dans le Royaume, comme Jésus l’avait annoncé. Avons-nous conscience que c’est ce qui nous est proposé de vivre, aujourd’hui encore ?

Le fruit de la mort d’Etienne

En mourant, Etienne offre sa vie même comme témoignage, et finalement comme nourriture spirituelle. Le futur Paul, Saül, assiste à la scène. Il ne sait pas encore qu’il en sera profondément transformé ni que ce qui se déroule devant lui portera le fruit de sa conversion sur la route de Damas et celui de toute sa prédication, dont nous sommes aujourd’hui les héritiers !

Telle est la nourriture que Jésus annonce à la foule, après la multiplication des pains, dans l’évangile de Jean : « Je suis le pain de la vie… Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. »

Croire en Jésus, c’est entrer dans un autre rapport à la vie et à la mort que celui dans lequel nous nous installons spontanément. C’est entrer dans le bonheur des Béatitudes, qui n’est pas une compensation dans l’au-delà des malheurs du temps présent mais une autre manière d’habiter le monde, ce monde. Une manière de faire advenir le Royaume, c'est-à-dire le fait que tout être humain est appelé à devenir frère ou sœur du fils de Dieu.

D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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