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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 08:56

L’élection de Matthias

Actes 1, 15-17, 20a, 20c-26 ; Jean 15, 9-17

Nous fêtons aujourd’hui saint Matthias. Un compagnon de route de Jésus qui n’avait pas été appelé par celui-ci à être l’un des Douze. Mais après la défection de Judas, les apôtres n’étaient plus que onze. Luc rapporte qu’après le « départ » de Jésus, Pierre invita la communauté des « frères » à choisir quelqu’un pour prendre « la charge » vacante. Deux noms furent proposés, puis après avoir prié, on tira au sort. Matthias fut ainsi désigné. La scène se passe avant la Pentecôte.

Cela signifie qu’en fêtant Matthias, nous ne célébrons pas seulement les qualités, sans doute remarquables de l’homme, mais l’événement d’Église que constitue son « élection », c'est-à-dire la première étape de la succession apostolique.

La prière qui précède le tirage au sort indique clairement que l’élu n’est pas simplement désigné par la communauté, mais appelé et choisi par Dieu. Le tirage au sort symbolise le fait que le choix ne s’opère pas selon les seuls critères qui apparaissent pertinents à la communauté, même si celle-ci s’engage et réfléchit. Elle ne promeut pas d’elle-même l’un des siens, elle reçoit de Dieu celui qui doit exercer la charge vacante. Cette charge, c’est d’être témoin de la résurrection.

Il est à noter que Luc ne nous dit pas, dans ce passage, si Matthias a vu le Christ ressuscité… La charge n’est pas liée à une apparition du Christ – qu’en serait-il alors de nos évêques ? –, mais à la transmission du témoignage des apôtres. La question de cette transmission ne repose pas d’abord sur des qualités de gouvernement, sur des aptitudes politiques ou autres, mais plutôt sur un sens de la vérité, du discernement, du service. Il s’agit d’être un témoin digne de foi. C'est-à-dire capable de croire, mais sans croire n’importe quoi, d’une part, et de transmettre fidèlement ce qui a été reçu, d’autre part.

La source du discernement

Nous avons besoin de tels témoins pour que la Bonne Nouvelle de Jésus soit annoncée. Certes, chaque baptisé est lui-même appelé à être témoin et à prendre ses responsabilités. Cependant certains ont plus particulièrement la charge de la vérité du témoignage de l’Église afin que celui-ci ne soit pas dépendant des humeurs du temps, des modes, des engouements… On voit bien comment les peuples choisissent leurs gouvernants, souvent en fonction des passions du moment, de l’efficacité des discours, du chatoiement des promesses, des émotions collectives… Certes, les témoins de la résurrection ne sont pas des gouvernants, et c’est en ce sens que nous affirmons que Dieu les choisit : leur appel vient de plus loin, il est plus profond, il n’est pas le seul fruit des contingences… Cependant l’appelé reste responsable de la manière de remplir la charge qui lui est confiée. Tout reste à faire, et personne n’est infaillible. Songeons à l’histoire de David, le roi choisi par Dieu…

Jésus ne dit pas autre choses aux apôtres, avant la Passion : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ait choisi et établis, pour que vous partiez et donnez du fruit, et que votre fruit demeure. » Et pour cela, il laisse un commandement, celui de l’amour mutuel : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Tel est la source du discernement, c’est là que se renouvelle pour chacun l’expérience de la résurrection du Christ. C’est là que s’établit le fait d’être reconnu « digne de foi ». C’est à partir de là que doit s’exercer la charge de témoin.

 D.E.

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Published by Desiderius Erasme
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