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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 08:55

Beethoven: Sonate Appasionata

On ne fait pas son salut en respectant le réglement

Galates 5, 1-6 ; Luc 11,37-41

« Vous qui pensez devenir des justes en pratiquant la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce ! » Paul n’y va pas par quatre chemins pour dire aux Galates qu’ils se fourvoient. Mais prenons garde, nous qui lisons ce texte aujourd’hui, à ne pas trop vite nous en dédouaner. La maladie spirituelle que combat l’apôtre, si elle prend, dans la communauté des Galates, la forme d’un repli vers un judaïsme ritualiste et obsédé par une certaine idée de la loi, est en réalité une maladie fort courante, qui consiste à croire que l’on fait son salut soi-même par la pratique des commandements, le respect des lois et règlement, par l’obsession de la morale, par l’attachement obsessionnel aux dogmes… 

Dans cette maladie, la foi n’est plus la foi en Jésus-Christ, mais la foi en la règle… Derrière une apparente soumission à la règle, se cache un orgueil insensé, celui de croire que l’on peut par sa seule force accomplir toute justice. Cela finit en général dans l’hypocrisie, le mensonge et l’ignominie comme des exemples récents le montrent. Pour tout dire, le christianisme en crève…

Paul manifeste quant à lui, une liberté bien plus grande. Après avoir lancé à ses interlocuteurs que « tout homme qui reçoit la circoncision est obligé de mettre en pratique la loi de Moïse toute entière » – ce qui à vrai dire est impossible, stricto sensu – il déclare que « dans le Christ Jésus, peu importe qu’on ait reçu ou non la circoncision : ce qui importe, c’est la foi agissant par l’amour ». Il n’est donc pas interdit de vouloir appliquer la Loi, mais il faut ordonner cette application à l’amour, et surtout se tenir dans une attitude de foi qui reconnaît que la justice est l’œuvre de l’Esprit. Il s’agit moins d’accomplir cette justice selon nos vues, que de consentir à ce qu’elle s’accomplisse selon les vues du Père. Ce qui fut l’attitude de Jésus à Gethsémani…

Donner

Luc nous montre un Jésus peu scrupuleux des rites domestiques de la société juive de son temps, « oubliant » de faire son ablution avant de prendre son repas chez le pharisien qui le recevait. Cet homme est surpris : il a  invité chez lui un « maître », qui ne se comporte pas en modèle… L’hôte ne comprend pas la liberté que Jésus prend avec les obligations rituelles. Celui-ci recentre la question de la purification, qui n’est pas illégitime, sur le lieu essentiel où elle doit s’appliquer : au cœur de chacun.

Quant au moyen pour y parvenir, Jésus n’en propose qu’un : non pas accomplir des rites supplémentaires, non pas multiplier des prières, non pas acquérir une connaissance parfaite de la Loi, mais donner… Entrer dans le mouvement de Dieu qui est celui du don : « Donnez en aumône ce que vous avez ! » C'est-à-dire faites du bien aux autres en vous libérant de ce que vous possédez  et qui vous possède. De cette façon, on devient serviteur du Père, on entre dans sa dépendance, et dans l’expérience de la foi…

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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