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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 09:43

 Symphonie Eroica, de Beethoven.

 

Petit éclairage différent sur l’Ecclésiaste

Ecclésiaste 1, 2-11 ; Luc 9, 7-9

N’a-t-on pas tout dit sur ce début du livre de l’Ecclésiaste, « Vanité des Vanités… » ?  Ne peut-on pas écrire à son sujet exactement ce qu’il affirme : « Rien de nouveau sous le soleil » ? Que pouvons-nous faire de ce réalisme désenchanté ?

Une récente et très belle exposition réunissait dernièrement à Paris des « Vanités », ces peintures et autres œuvres d’art qui invitent le spectateur à considérer sa condition mortelle. Ce n’est pas simplement une invitation à l’humilité, mais une manière de mettre le spectateur devant autre chose que le simple « divertissement » vers lequel nous tendons si souvent.

Pourtant, il est sans doute possible de trouver dans ce texte un peu plus que cette invitation, assez stoïcienne au demeurant, si l’on prête attention au mot qui est traduit par « vanité ». C’est un mot qu’André Chouraqui traduit par « fumée », qui peut aussi être rendu par « haleine » ou « vapeur ». On le trouve au début du second récit de la création dans la Genèse, au verset 6 du chapitre 2 : « Une vapeur monte de la terre, elle abreuve toute la surface du sol. »

C’est à partir de là que Dieu va façonner Adam… Cette vapeur n’est pas la fin de tout, mais le début !

Dans ces conditions, que nous dit l’Ecclésiaste ? Il nous dit que la création reste toujours en chantier, que sans l’œuvre de Dieu, la vie de l’homme est pris dans un cycle de reproduction du même, sans sens, sans direction.

Mais Dieu aurait-il renoncé à être créateur ? Cette vapeur, cette haleine abreuve le sol. Elle le rend façonnable. L’avenir n’est ni clos ni éteint. Nous ne sommes pas voués à la reproduction du même, si nous accueillons la puissance créatrice de Dieu. Nous pouvons, par Dieu, naître à nous-mêmes, rompre le cercle…

Un événement nouveau

Le petit passage de l’évangile de Luc peut se lire dans cette dynamique. Hérode entendant parler de Jésus se demande ce qu’il faut en penser. Ce qu’il est dit du rabbi de Nazareth tend à le ramener à ce que l’on connaît déjà : Jean-Baptiste, qui serait ressuscité, ou Elie qui serait revenu. Comme si tout devait recommencer comme avant, et comme toujours… Or précisément, Jésus vient comme un événement « nouveau ». Il est celui qui vient porter dans le monde, dans sa chair, la Parole créatrice. Toute l’histoire humaine en sera marquée.

Nous voilà donc devant cette simple question : regarderons-nous nos vies comme une vapeur inutile, ou comme ce dont Dieu peut s’emparer pour faire du neuf, pour poursuivre la Création jusqu’à son achèvement ?

D.E.

 

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Published by Desiderius Erasme
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